Publié par : Association Terre d'Errance | mars 9, 2009

Manifeste !

Manifeste pour la liberté des migrants et de ceux qui les aident

Il n’aurait fallu
Qu’un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Aragon

Nous, organisations et citoyens soussignés, refusons que l’aide aux migrants soit considérée comme un délit.
Nous sommes scandalisés par les mises sur écoute, les intimidations et les arrestations de bénévoles.
Nous soutenons et soutiendrons toutes celles et ceux qui sont ou seront inquiétés par les autorités pour avoir tendu la main à des hommes et des femmes innocents, abandonnés dans nos fossés par les États européens.
Nous demandons la mise en place d’une nouvelle politique de l’immigration, une politique à visage humain, soucieuse de la dignité et des libertés de chacun.
Le drame de l’après-Sangatte a trop duré.

À Norrent-Fontes, le 28 février 2009

Organisations signataires :

Amnesty international, ANAFE, L’Auberge des migrants, La Belle Etoile, Collectif d’aide aux migrants de Angres, Collectif de soutien aux exilés du 10e (Paris), CSP 59 (membre de la coordination nationale des sans-papiers), C’SUR Calais, Emmaüs Saint-Omer, FSU 62,  Gisti, Ligue des Droits de l’homme (France, Nord-Pas-de-Calais, Pas-de-Calais, Boulogne, Calais), Médecins du monde, Mille Babords (Marseille), RESF 59/62, RUSF 59/62, SALAM Nord/Pas-de-Calais, Secours catholique , association Solidarité Migrants (Oise), Terre d’errance Norrent-Fontes, Terre d’errance Steenvoorde

Signer le manifeste

Site internet du manifeste : http://manifestemigrants.wordpress.com/

Publié par : Association Terre d'Errance | juillet 3, 2009

La Cour des comptes critique la rétention des étrangers

LE MONDE | 02.07.09

La Cour des comptes critique la rétention des étrangers

Le coût annuel du maintien des étrangers dans les centres de rétention administrative (CRA) en métropole s’élève à 190,5 millions d’euros. Il a été calculé par la Cour des comptes à la demande de la commission des finances du Sénat, soucieuse d’évaluer la politique de reconduite à la frontière. Ce coût s’entend hors des dépenses d’interpellation, d’éloignement et de justice.

Chaque année, quelque 35 000 migrants en situation irrégulière et en instance d’expulsion sont placés en rétention. Ce qui porte, selon la Cour, dans un rapport rendu public mercredi 1er juillet, à 5 550 euros par personne les frais de rétention. Ramené au nombre d’éloignements forcés – 14 411 en 2008 –, le coût s’élève même à 13 220 euros par étranger retenu effectivement reconduit.

La reconduite à la frontière représente de fait “moins de la moitié des cas à la sortie des CRA”, ne manquent pas d’observer les magistrats financiers. De 38,3 % en 2002, le taux d’expulsion des étrangers retenus a progressé jusqu’en 2005 (55,8 %), mais depuis, constatent-ils, “il baisse de manière continue, avec un accroissement des retenus finalement libérés”.

Aussi, soulignent-ils, “si cette évolution devait se poursuivre – malgré les mesures pour améliorer l’efficacité du système – il conviendrait alors de s’interroger sur la nature même et les caractéristiques des objectifs poursuivis”.

La Cour se montre réservée sur la réforme de la mission d’assistance aux étrangers en rétention engagée par le gouvernement. Celui-ci a choisi d’éclater en huit lots le parc de CRA jusqu’alors confié à une seule association, la Cimade.

“Il est incertain qu’un dispositif éclaté entre plusieurs intervenants par grandes régions puisse être plus efficace et moins coûteux qu’un dispositif national dès lors qu’il est réellement souhaité conserver une vision d’ensemble sur les conditions d’assistance juridique et garantir qu’un retenu qui changerait de CRA bénéficie d’une continuité dans l’aide juridique apportée”, relève la Cour. Elle n’est “pas convaincue, par les arguments donnés par le ministère de l’immigration”.

“USINE À ÉLOIGNER”

Si la situation dans les CRA témoigne de “progrès sensibles”, elle n’est pas exempte de critiques, estiment les magistrats financiers. “Les chefs de centres manquent d’un cadre, d’un référentiel”, a souligné, mercredi, Alain Pichon, président de la quatrième chambre de la Cour, à l’occasion de l’audition du ministre de l’immigration Eric Besson par la commission des finances du Sénat. Cela entraîne des “pratiques très différentes d’un CRA à un autre et peut créer des situations d’inégalité et de déni de droits”. Par ailleurs, la présence des femmes et des enfants en rétention pose, selon lui un “lancinant et douloureux problème”.

La Cour des comptes préconise une “réflexion” sur la capacité maximale des centres (140 places actuellement): “Au-delà de 80 places, considère-t-elle, le CRA devient une sorte “d’usine à éloigner” peu propice à l’attention individuelle que doit recevoir chaque retenu”.

Laetitia Van Eeckhout

Source

Publié par : Association Terre d'Errance | juillet 3, 2009

Les coûts tordus de la rétention

Libération – 02/07/2009

Les coûts tordus de la rétention

La Cour des comptes pointe des lacunes dans le suivi des dépenses

Par CATHERINE COROLLER

C’est dit poliment, mais le constat est là. Après avoir enquêté pendant huit mois, la Cour des comptes n’a pas réussi à évaluer précisément le coût global de la rétention administrative, cette étape de la politique d’immigration pendant laquelle les étrangers en situation irrégulière sont placés dans un centre de rétention administrative (CRA) ou un local de rétention administrative (LRA). En cause, «d’importantes lacunes dans le suivi des coûts», pointent les magistrats dans une enquête réalisée à la demande de la commission des finances du Sénat, et rendue publique hier.

Calcul. D’après leurs estimations, «le coût total de la rétention en CRA en métropole, hors dépenses d’interpellation, d’éloignement et de justice, s’élève en 2008 à environ 190,5 millions d’euros, soit 5 550 euros par retenu». Mais, souligne la Cour des comptes, 58,3 % de ces retenus ne seront finalement pas expulsés, soit que la justice les remette en liberté, soit que leur consulat refuse de délivrer le laissez-passer permettant le rapatriement dans leur pays d’origine. Du coup, cet argent est souvent dépensé en vain. Conséquence ? Si l’on ne prend en compte que les retenus «effectivement reconduits», le coût de la rétention «se monte à 13 220 euros»par personne.

Pour les LRA, le même calcul est quasiment impossible, les étrangers n’étant censés qu’y passer avant d’être transférés dans un CRA, beaucoup de ces locaux sont sommairement aménagés dans des commissariats ou des gendarmeries, et une grande partie des dépenses est prise en charge par les budgets de la sécurité publique.

«Fardeau». Après ces considérations générales, la Cour des comptes s’est intéressée au cas particulier du CRA de Coquelles (Pas-de-Calais). Ce centre, situé près de Calais, n’existe qu’«en raison des exigences des Anglais qui demandent à la France de retenir les gens qui brûlent d’envie de venir chez eux», a relevé l’un des représentants de la juridiction administrative lors de la présentation de l’enquête aux sénateurs, hier, en présence d’Eric Besson. «Ne pourrait-on négocier pour inciter les Britanniques à prendre une part du fardeau ?» a-t-il demandé au ministre de l’Immigration.

Dans leur enquête, les magistrats consacrent également un chapitre aux CRA et LRA d’outre-mer. Leur jugement sur celui de Mayotte est particulièrement sévère. «Les actions d’information, de soutien moral et l’exercice des droits des retenus ne sont pas dispensés», les «conditions matérielles [sont] dégradantes», le «taux d’occupation [est] souvent en très net dépassement».

Si la Cour des comptes n’a pas réussi à chiffrer au centime près le coût de la politique de rétention, il ne lui a pas échappé que le nombre de retenus est en constante augmentation. De 24 502 en 2002 à 34 592 en 2008 pour la métropole. Le nombre de places en CRA a crû dans les mêmes proportions. De 1 070 en 2005, il devrait passer à 1 959 fin 2010.

Depuis quelques années, le gouvernement tente donc de favoriser les retours volontaires, beaucoup moins onéreux. Dans son enquête, la Cour ne chiffre pas cette différence, mais publie les principales nationalités concernées. Surprise ? Les Roms arrivent en tête, de très loin. Les Roumains représentent 6 413 des 7 293 étrangers reconduits en 2008 par l’intermédiaire de l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrants.

«Incertain». Les magistrats donnent également leur avis sur une querelle opposant le ministère de l’Immigration et la Cimade. En août 2008, Brice Hortefeux, alors à l’Immigration, a décidé de détrôner cette association, seule autorisée jusqu’à aujourd’hui à assister les étrangers dans les CRA. Décision a été prise de diviser la France en huit lots, chacun pouvant être attribué à un intervenant différent. Les magistrats se sont penchés sur la justification économique de cette décision. Leurs conclusions sont sévères pour le ministère de l’Immigration : «Le choix de l’allotissement géographique, censé améliorer l’efficacité de la dépense, n’a pas fait l’objet d’une analyse détaillée préalable de ses coûts et de ses avantages au regard des objectifs fixés.» Et «il est incertain qu’un dispositif éclaté entre plusieurs intervenants par grandes régions puisse être plus efficace et moins coûteux qu’un dispositif national». Bref, le choix de remplacer la Cimade par plusieurs associations est politique, pas économique.

Source

Publié par : Association Terre d'Errance | juillet 2, 2009

Assistance à personnes traumatisées : nouveau délit de solidarité ?

Assistance à personnes traumatisées : nouveau délit de solidarité ?

Plus de trente associations signataires se déclarent solidaires avec Médecins du Monde, poursuivie en justice par l’Etat en raison de l’organisation de l’accueil à Saint Denis, sous 6 tentes humanitaires, des familles Rroms évacuées après l’incendie mortel de leur bidonville en mai dernier à Bobigny.

Pour tout autre groupe de personnes, l’Etat mobilise immédiatement une cellule psychologique et met à l’abri l’ensemble des victimes. Dans ce cas, ces témoins de la mort brûlé vif d’un enfant de 7 ans qui ont aussi perdu tous leurs biens personnels ont été d’abord expulsés 48 heures après ce drame, sur décision du Préfet de Seine-Saint-Denis, du gymnase que la Ville de Bobigny avait réquisitionné en urgence. Les forces de l’ordre les ont ensuite empêchés de s’installer sur des terrains dans les Hauts-de-Seine.

Face à cette situation de détresse exceptionnelle et à la carence de l’Etat, MdM a décidé la nuit même de mettre fin à leur errance et de les accueillir sur un délaissé de voirie de l’Etat à Saint Denis dans un campement humanitaire équipé.

L’Etat a alors saisi la justice en référé pour faire cesser cet hébergement d’urgence et faire condamner MdM pour cet acte de soutien envers les Roms.

Les associations signataires dénoncent ces nouvelles menaces inacceptables contre des acteurs de la solidarité.

Elles demandent l’arrêt immédiat des poursuites contre MdM et le relogement sans délai de toutes les personnes concernées avec la mise en place d’un suivi médical et l’accompagnement social de ces familles.

Associations signataires

ABCR (Association Biterroise contre le Racisme)

ADDE (Association pour la Défense des Droits des Etrangers)

AFVS (Association des familles victimes du saturnisme)

ANGVC (Association Nationale des Gens du Voyage Catholique)

ASAV (Association pour l’Accueil des Voyageurs)

ASSOUEVAM (Association de soutien aux étrangers du Val-de-Marne)

ASET (Association pour la scolarisation des Enfants Tsiganes)

ASFR (Association de Solidarité avec les Familles Roumaines)

CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement)

CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués)

CLASSES (Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et le Soutien des Enfants des Squat

Collectif Rrom des associations de l’agglomération lyonnaise

COMEDE (Comité médical pour les exilés)

DAL (Droit au Logement)

FNARS (Fédération Nationale des Associations d’accueil et de Réinsertion Sociale)

FNASAT-Gens du voyage

GISTI (Groupe d’Information et de Soutien des Travailleurs Immigrés)

LDH (Ligue des Droits de l’Homme)

Mouvement catholique des Gens du voyage

MRAP (Mouvement Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)

No Mad’s Land

PARADA

Procom

Réseau de solidarité Rroms de St Etienne

Roms Action

Romeurope Val-de-Marne

RESF (Réseau Education Sans Frontière)

RESF 93

Syndicat de la magistrature

Syndicat des Avocats de France

URAVIF (Union Régionale des Associations Voyageurs d’Ile-de-France)

 

Carnet de bord d’un camp de déplacés : http://carnet-rroms.blog.lemonde.fr/

Publié par : Association Terre d'Errance | juillet 1, 2009

Cercles de silence Nord Pas-de-Calais Picardie

Cercles de silence Nord Pas-de-Calais Picardie

 

Mobilisons-nous !

Refusons que chaque jour des personnes sans papiers soient arrêtées, mises en centre de rétention, expulsées. Refusons que soient appliquées en notre nom des décisions politiques qui broient des familles, des couples, des individus. Refusons que des hommes, des femmes, des enfants, subissent des traitements inhumains et dégradants.

59- Nord 

Bailleul – Le dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Place du Gl de Gaulle, face à la Mairie

Douai – Le 3e samedi du mois de 18h à 19h – Place d’Armes

Dunkerque - Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Place Jean Bart

Hazebrouck – Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Grand Place

 Lille – Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Place de la République, dalle des Droits de l’Homme

 Maubeuge – Dernier samedi du mois de 11h à 12h – Place des Nations

 Roubaix – Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Grand Place

 Tourcoing – Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Grand Place

 Valenciennes – Le 1er vendredi du mois de 18h à 19h – Place des Droits de l’Homme, près du Phénix

 

62- Pas-de-Calais

Arras – Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Devant la Gare, Place Foch

Béthune – Dernier mardi du mois de 18h30 à 19h30 – Grand Place, au pied du Beffroi

Calais – premier vendredi du mois à 18h30 – Parc richelieu

Desvres – dernier mardi du mois de 10h à 11h – Quai de la Moselle

Lens – dernier vendredi de chaque mois de 17h30 à 18h30 – Place devant la Gare

Saint-Omer – Avant-dernier vendredi du mois de 18h à 19h – Place Foch

 

80 Somme

Amiens – dernier vendredi du mois de 18h à 19h – Place René Goblet

Publié par : Association Terre d'Errance | juillet 1, 2009

Steenvoorde : Le camp des migrants ne sera pas rouvert cet été

La Voix du Nord – mercredi 01.07.2009

Le camp des migrants ne sera pas rouvert cet été

Le conseil municipal fut l’occasion pour Jean-Pierre Bataille d’aborder une question qui ressurgit à Steenvoorde : le retour des migrants. Depuis la fin des travaux de l’A 25 et la réouverture de l’aire de Saint-Laurent, une trentaine d’Érythréens ont refait leur apparition.

La question était restée en suspens pendant toute la durée des travaux de l’A 25. Depuis la réouverture de l’aire d’autoroute de Saint-Laurent, la réponse est devenue évidente : ce n’est pas le camp d’accueil qui attirait les migrants érythréens, mais bel et bien l’aire d’autoroute et la possibilité pour eux de rejoindre l’Angleterre. Selon le maire, Jean-Pierre Bataille, « peu d’entre nous auraient cru que les Érythréens reviendraient aussi rapidement. Nous étions nombreux à penser qu’ils auraient trouvé d’autres endroits pour partir en Angleterre ».

 

Réouverture d’un camp en septembre ?
Devant ce retour prématuré, juste un mois et demi après le démontage du camp d’accueil situé sur un terrain communal, la question se pose de savoir si oui ou non il faut en ouvrir un nouveau. « Nous ne pouvons pas rester sans rien faire devant la détresse humaine, mais ouvrir un nouveau camp dès à présent n’est pas la meilleure solution. » En effet, le maire craint qu’après la dissolution des jungles du littoral, des migrants d’autres nationalités s’installent à Steenvoorde et se disputent avec les Érythréens. En outre, les températures estivales de ces derniers jours rendent la vie en tente quasi impossible, ce qui conduirait la municipalité à ouvrir la salle paroissiale pour accueillir les migrants. « À l’origine, l’association Terre d’errance Steenvoorde et nous étions d’accord pour proposer un accueil d’urgence temporaire. Si nous ouvrons un camp maintenant, c’est comme si nous proposions un accueil à l’année. Le risque est de voir arriver les migrants en plus grand nombre. » Ce que la population, qui pourtant soutient l’action de l’association Terre d’errance, n’apprécierait pas forcément… Pour le moment, les migrants ont accès aux douches et l’association leur apporte de la nourriture. Les responsables réfléchissent également à un dispositif d’accueil. Selon le maire, le président de l’association, Damien Defrance, et l’abbé Lener reconnaissent avoir peut-être un peu trop aidé les Érythréens. En cas de réouverture d’un camp, ils les prépareraient à être un peu plus autonomes.
Cette réouverture ne devrait pas avoir lieu avant le mois de septembre et se ferait en concertation avec la municipalité. •

S. P.

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Publié par : Association Terre d'Errance | juin 29, 2009

Angres : le maire de Méricourt lance un pavé dans la mare

La Voix du Nord – samedi 27.06.2009

La CALL veut saisir les parlementaires de la question des migrants sur son territoire

Hier soir, la séance du conseil communautaire s’achevait quand Bernard Baude, maire communiste de Méricourt, a mis sur la table la question des migrants sur le territoire de l’agglomération. À problème délicat, réponses compliquées. Le débat au sein de la Communaupole, en tout cas, est ouvert. À l’issue d’un conseil de fin d’année rapide et quasi bouclé, Bernard Baude a en effet lancé un pavé dans la mare, même si le problème est connu de tous. Connu de tous certes, mais géré au cas par cas, avec les moyens du bord, par chacune des communes concernées.

Une situation inextricable dont le maire de Méricourt entend enfin sortir par une action collective : « Je voudrais que l’on dénonce la situation des migrants à Angres auprès du préfet et des pouvoirs publics. » Il n’est pas le seul. L’élu a déjà obtenu le soutien verbal de huit mairies contactées au débotté. Et souhaite désormais que les trente-six communes de la CALL s’y associent. « Nous sommes d’accord pour dire qu’il faut s’organiser avec les associations et les bénévoles qui viennent en aide à ces populations et qu’on leur propose de prendre des douches et de se restaurer dans nos communes. » À quelle fréquence, selon quelles modalités ? L’élu communiste sait que cela reste à définir, mais il en fait « une question de justice ». Quitte à aller à l’encontre de la législation en vigueur qui punit celles et ceux qui apportent leur soutien illégalement aux migrants. Pas si simple. Michel Vancaille ne nie pas que la CALL aurait les moyens de donner une suite favorable à ces requêtes : « Nous avons sur notre territoire 1 003 équipements sportifs. Parmi ceux-là, il y en a forcément certains qui possèdent des vestiaires-douches. » Mais le président de l’agglo adresse une mise en garde : « Quand j’ai lancé un appel similaire pour les SDF cet hiver, une seule commune, Noyelles-sous-Lens, avait dit “oui”. »

Michel Vancaille préconise la cohérence et ne veut pas deux poids deux mesures. Discours partagé par Jean-Marie Alexandre, maire de Souchez, commune voisine d’Angres, et Guy Delcourt, qui vont plus loin. Notamment sur les moyens d’actions à employer. « Il faut être très prudent des actions que l’on va mener, prévient le maire de Lens. Je propose de saisir les parlementaires plutôt que le préfet, surtout depuis la nomation de Brice Hortefeux à l’Intérieur et de Michèle Alliot-Marie à la Justice. Sinon, on sait ce qu’il va se passer. » Et de poursuivre : « Il nous faut aussi faire la part des choses entre les réseaux de migrants. Et ne pas venir en aide à ceux qui viennent pour commercer, via la prostitution ou la mendicité organisée. » Si le débat reste entier et ouvert, Michel Vancaille, au nom du conseil, a donné hier soir son accord pour faire appel aux parlementaires, et a proposé d’associer dans cette démarche ArtoisComm, communauté voisine qui rencontre le même problème à Norrent-Fontes. Il s’agit maintenant de traduire la parole en acte.

tR. M.

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Publié par : Association Terre d'Errance | juin 26, 2009

Calais : La jungle des mal-lavés

LE MONDE | 25.06.09

La jungle des mal-lavés

Elles sont comme tout le monde à Calais : dans le doute, elles préfèrent se mettre à l’abri des violences qui risquent d’éclater, dit-on, à l’occasion de la manifestation des No Border (”pas de frontière”), prévue samedi 27 juin. Elles se méfient des dérapages. Les mauvais coups, elles ont donné. Elles ont demandé à Mariam, du Secours catholique si, exceptionnellement, on ne pourrait pas les héberger dans les locaux de l’association, le temps que les choses se calment.

Elles ? Venues d’Erythrée (Corne de l’Afrique), souhaitant gagner le Royaume-Uni, elles patientent depuis des mois, comme une soixantaine de leurs compatriotes sans papiers, dans le “squat africain”, surnom donné à une bâtisse délabrée, envahie d’ordures, située à deux pas du bassin de la Batellerie, dans le quartier de Calais-Nord. “On a fui une région en guerre, ce n’est pas pour la faire ici !”, explique l’une d’elles, attablée devant un verre de thé, dans l’une des pièces du rez-de-chaussée où le Secours catholique a récemment emménagé.

Pour éviter les débordements, des “renforts policiers inouïs” (quelque 2 000 hommes au total) vont être déployés samedi, faisant de l’ex-capitale de la dentelle une “ville en état de siège”, a averti le quotidien Nord Littoral. Hostile à la manifestation, la maire de la ville, Natacha Bouchart (UMP), a préféré annuler la parade 1900 prévue le même jour dans les rues de Calais, plutôt que de voir la population s’y rendre “la peur au ventre”, a-t-elle confié au quotidien La Voix du Nord. Certes, les manifestants du mouvement No Border ne vont pas défiler en ville. Partisans d’une contestation “radicale” des frontières, comme ils l’écrivent sur leur site (Calaisnoborder.eu.org), ils jurent qu’ils ne viennent “pas à Calais pour tout détruire”.

Dans les faubourgs nord de Calais, en bordure de la zone industrielle des Dunes, les habitants de la “jungle” – le plus grand bidonville de migrants du Nord – Pas-de-Calais, dominé par la communauté pachtoune originaire d’Afghanistan -, les questions vont bon train. Ici aussi, on s’interroge sur la manifestation de samedi. Comme sur la fermeture de la “jungle”, annoncée pour la fin de l’année. Le ministre de l’immigration, Eric Besson, en visite à Calais fin avril, s’y est publiquement engagé. Les migrants “se demandent où ils vont aller”, commente Jacky Verghaegen, animateur du Secours catholique calaisien.

Pour le moment, rien n’a été détruit. A l’intérieur de la “jungle”, soit environ 80 “tentes”, faites de planches et de bâches en plastique, les Pachtounes ont ouvert une mosquée (une “tente” prolongée d’une esplanade en plein air, au sable soigneusement balayé), un ou deux restaurants, sans oublier trois boutiques-épiceries, “nos mini-Lidl”, s’amuse un jeune Pachtoune. Le tout ressemble à un camp de réfugiés, sale mais bien organisé, à l’image des milliers d’autres villages d’infortune que les guerres, la misère ou le mortel ennui des pays sans avenir font pousser à travers le monde.

A l’entrée de la “jungle”, un point d’eau a été installé à la mi-mai sur ordre de la sous-préfecture, elle-même alertée par les associations de bénévoles. Autour de la borne vert foncé munie d’un robinet, quelques Pachtounes attendent, ce vendredi de juin, bouteilles en plastique à la main. “Se laver, c’est la première chose qu’ils demandent. Pour une douche, ils sont prêts à sauter un repas”, commente Mariam.

Animatrice au Secours catholique, Mariam Rachih se rappelle les violentes bousculades qui ont longtemps présidé aux séances de douche organisées par l’association. L’expérience a duré un peu plus de deux ans. A l’époque, le Secours catholique avait son siège en pleine ville, dans le quartier de Calais-Nord. Quatre cabines de douche, “en préfabriqué, car on n’a pas eu l’autorisation de construire en dur”, étaient régulièrement utilisées par les migrants, que l’association emmenait en camionnette “par groupes de huit”. Et puis, le nombre des migrants a augmenté. “Il y a encore un an, ils étaient entre 500 à 600. Aujourd’hui, ils sont plus de 800, rien que dans la “jungle” – dont environ 200 mineurs”, souligne Jacky Verghaegen.

L’escalade des violences, qui ont ensanglanté l’Afghanistan et le Pakistan durant ces derniers mois, serait-elle de la cause ce nouvel afflux ? La maire de Calais a une autre hypothèse. “Depuis la sortie du film Welcome, il y a eu une augmentation de 200 à 300 émigrés dans la ville”, relève Mme Bouchart. Est-ce à dire qu’au fin fond des campagnes d’Afghanistan, voyant le film de Philippe Lioret, une foule nouvelle de jeunes Pachtounes, soulevés d’enthousiasme, se serait mise en route pour Calais ? “Je ne dis pas que c’est le film Welcome qui a provoqué cette augmentation. Je remarque simplement la coïncidence”, précise l’édile.

En décembre 2008, le Secours catholique calaisien a décidé d’arrêter les séances de douche. “Les gars se battaient pour monter dans la camionnette : ça devenait dangereux pour les migrants comme pour les bénévoles”, explique Jacky Verghaegen. Le point d’eau installé au printemps à l’entrée de la “jungle” est évidemment une bonne chose. Mais il ne suffit pas à contrer le désastre. Le mot n’est pas trop fort : il suffit de passer une heure dans les locaux de la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) pour en mesurer l’ampleur. Cet ancien logement d’habitation reconverti en centre de soins est situé non loin de la gare SNCF. C’est aujourd’hui le seul endroit où les migrants de Calais ont le droit de se laver. Soit une douche pour 1 000 personnes environ.

Ce dispensaire public pour démunis, destiné aux personnes sans couverture sociale, est devenu, selon les migrants érythréens (qui n’y vont plus), la “maison des Afghans”. Etant les plus nombreux, les Pachtounes de la “jungle” sont désormais les principaux patients.

A l’ouverture de la PASS, fin 2006, le nombre des consultations était d’une quinzaine par après-midi. Il est aujourd’hui d’une trentaine – “avec des pics de quarante”, précise l’infirmière Céline Dallery. La petite salle d’eau est composée d’une cabine de douche et d’un lavabo. Quand nous poussons la porte, cet après-midi de juin, il y a foule. La cabine de douche est occupée, mais déjà, agglutinés autour, six ou sept migrants encore habillés attendent leur tour. Certains sont entrés par la fenêtre : malgré le système de tickets institué il y a un peu moins d’un an afin de canaliser le flux, c’est ce chemin qu’empruntent régulièrement les candidats à la propreté.

Mais qu’ils entrent par la porte ou par la fenêtre n’a, au fond, pas beaucoup d’importance. La gale, maladie contagieuse et endémique des “mal-lavés”, a envahi la PASS. Elle représente désormais “les trois quarts des pathologies” traitées, souligne l’infirmière qui assure la permanence du dispensaire aux côtés d’un interprète et de médecins vacataires.

Cette épidémie de gale est une catastrophe : non seulement les autres maladies, telles que le diabète, l’asthme, les bronchites ou la tuberculose, ne peuvent plus être soignées – les patients, “trop faibles”, n’osent plus se présenter -, mais la gale elle-même est devenue impossible à éradiquer. “Tant qu’il n’y a pas de douches en suffisance, tant que les vêtements et la literie restent contaminés, bref, tant que le contexte n’est pas amélioré, tout ce qu’on fait ne sert à rien”, se désole la jeune infirmière. “Les migrants en sont réduits à vivre comme des animaux et tout le monde s’en fiche. On appelle la SPA pour un chat. Pour eux, rien. Ils sont traités comme des rats !”, s’exclame-t-elle, la gorge nouée. La jeune femme n’a de cesse, depuis des semaines, d’informer sa hiérarchie des risques qu’une telle situation entraîne. Sans résultat concret jusqu’à présent.

La mairie de Calais, qui a donné son feu vert pour l’aménagement cet été d’une aire de distribution des repas, ne veut rien céder sur le reste. D’accord pour installer des douches, mais pas en centre-ville. Et il n’est surtout “pas question, affirme Natacha Bouchart, d’offrir aux migrants les conditions d’un centre d’accueil de jour”. Les discussions entamées avec le Secours catholique, prêt à construire des douches dans son nouveau local, sont donc pour le moment suspendues.

Dans d’autres communes de la région, des compromis ont pourtant été trouvés. Ainsi, à Norrent-Fontes, près de Béthune, où une trentaine de sans-papiers érythréens sont installés, plusieurs mairies des alentours ont accepté d’ouvrir les douches de leurs salles de sport. Les migrants s’y rendent, escortés par des militants associatifs, deux fois par semaine, explique le maire, Marc Boulnois (gauche).

Mais Norrent-Fontes n’est pas Calais où, au bord du bassin de la Batellerie, en ce début d’été, flânent de jeunes Erythréens. Ils regardent l’eau vert sombre. Un des leurs s’est noyé là, quai de la Meuse, samedi 13 juin. Agé de 35 ans, il s’appelait Aman et voulait se laver. Emporté par le courant ou pris par la vase, on ne sait, il n’est pas remonté. L’association Salam a lancé un appel à la souscription pour le rapatriement du corps. C’est le premier mort de l’été.

Catherine Simon

Source

Publié par : Association Terre d'Errance | juin 25, 2009

Grèce : un amendement contre l’immigration clandestine

AFP – 25.06.09

La Grèce durcit sa législation contre l’immigration clandestine

Le parlement grec a adopté un amendement durcissant la règlementation contre l’immigration clandestine en doublant la durée de détention provisoire pour les sans papiers, et criminalisant le trafic de migrants. Les députés de la majorité conservatrice et du petit parti d’extrême-droite Laos ont voté un amendement en ce sens mercredi soir. Le texte fait passer de trois à six mois la durée de détention des migrants clandestins avant leur ordre d’expulsion. Il permet de porter cette détention à un an, en cas de retards pour les procédures d’expulsions liés à des problèmes de bureaucratie concernant le pays d’origine du migrant. Le trafic de clandestins, jusque là un délit exposant à un maximum de cinq ans de prison en fonction du nombre de migrants pris en charge, devient un crime, passible d’un maximum de 25 ans de réclusion. Les passeurs devront aussi verser une amende de 20.000 euros, qui sera portée à 50.000 euros en cas de récidive. L’adoption de ce texte, critiqué par la gauche et les ONG de défense des immigrés, intervient sur fond de poussée de l’extrême-droite dans le pays, qui a obtenu 7% des voix lors du dernier scrutin européen. Il a été incorporé à un projet de loi, en attente d’adoption formelle, interdisant le port des cagoules lors des manifestations et mis au point après les troubles urbains provoqués en décembre dernier par la mort d’un adolescent tué par un policier à Athènes. Le gouvernement grec a aussi annoncé la création prochaine de centres de rétention de clandestins, actuellement le plus souvent libérés et laissés dans la nature après leur arrestation. Quelque 250.000 sans-papiers, pour beaucoup venus via la Turquie voisine dans l’espoir d’un passage en Europe occidentale ou en Amérique, vivent actuellement en Grèce selon les estimations des experts.

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Publié par : Association Terre d'Errance | juin 25, 2009

Chez les « No border »

La Voix du Nord – jeudi 25.06.2009

Chez les « No border »

Installés au Beau-Marais depuis le début de la semaine, les No borders prennent leurs marques à Calais. Dans leur camp, où ils accueillent volontiers les Calaisiens, ateliers, concerts et cercles de parole sont mis en place.

Le camp No border est le symbole même de ce que prônent les jeunes altermondialistes installés en ce lieu depuis le début de semaine : la rencontre, l’échange. À l’entrée, un chapiteau abrite des « hôtesses ». Un simple « Bonjour », et une discussion s’enclenche.
Visiblement ravis d’être compris « par certains Calaisiens », ils distribuent des tracts, des plans de Calais sur lesquels sont inscrits les lieux importants de la ville, donnent des conseils de sécurité… Des ateliers sont aussi organisés tous les jours, à horaires réguliers.
Les thèmes abordés sont variés : « On parle des traumatismes physiques et moraux subis par les migrants et les militants en cas d’arrestation, du changement climatique, ou encore des premiers secours en cas d’urgence. » Pour assister à ces réunions, il suffit de se signaler à l’accueil. Là, on vous invite à rejoindre les autres sous une toile de tente ou dans les herbes folles, et la discussion commence. L’ambiance est chaleureuse, les militants sont sympas, un peu « peace &love ».

Ambiance bon enfant
Pendant ce temps, à l’autre bout du camp, des jeunes épluchent des pommes de terre, font la sieste ou grattent tranquillement leur guitare.
Néerlandais, Belges, Britanniques et Français, tous fraternisent. À l’image de ces deux enfants dont l’un est en poussette, visiblement ravis de commencer leurs vacances dans un camp sans frontière. • F.D

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Publié par : Association Terre d'Errance | juin 19, 2009

Mobilisons nous le samedi 27 juin !

errance-copie

Chers amis,

Terre d’errance Norrent-Fontes s’associe au camp No Border, qui se tiendra à Calais du 23 au 29 juin.

Le camp aura lieu dans le parc de la rue Normandie-Niemen dans l’est de Calais.

Nous appelons particulièrement à participer à la manifestation du samedi 27 juin.
Rendez-vous à partir de 10h au Phare de Calais, Boulevard des Alliés, départ prévu vers 11h30.

Pour plus d’informations : http://calaisnoborder.eu.org

Nous nous inquiétons cependant du climat de peur que sont en train d’instaurer les force de l’ordre et certains médias.
Le camp No Border n’est pas un rassemblement de casseurs venus de toute l’Europe, mais une occasion de plus de poser la question des migrations internationales et de l’inacceptable politique européenne en la matière. Réfléchir et échanger : cela semble suffisamment effrayant pour que soit orchestrée la campagne de désinformation en cours.

Venez nombreux pour démontrer que ceux que scandalise la politique européenne d’immigration et d’asile sont bien différents des “casseurs” fantasmés par l’Etat et certains médias.

Association Terre d’errance

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