l’État et la municipalité attaquent les citoyen-ne-s volontaires

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Non contents de ne rien faire, l’État et la municipalité attaquent les citoyen-ne-s volontaires.

Norrent-Fontes, le 06/08/2015

Le 27 avril dernier, un incendie accidentel faisait partir en fumée 2 des 4 abris reconstruits en 2012 sur un terrain municipal, sur les ruines d’un premier camp datant de 2009.

La construction de 2012 s’était effectuée en partenariat avec les exilé-e-s, l’association Terre d’Errance, Médecins du Monde et le Conseil Régional via le réseau des Élus Hospitaliers. Le 20 juin, en Assemblée Générale, les travaux ont été annoncés ; Terre!d’Errance déplore qu’aucun élu de Norrent-Fontes n’ait été présent.
Depuis le lundi 13 juillet, des bénévoles de Terre d’Errance et des exilés, aidés par des habitants alentours et soutenus par des associations comme la Fondation Abbé Pierre, se sont mis à reconstruire un abri sur les lieux de l’incendie.
Dans la semaine, des élus municipaux, des gendarmes et des agents de la DDTM sont venus photographier le chantier.

Le mercredi 22 juillet le sous-préfet a téléphoné à l’association Terre d’Errance et demandé de se montrer raisonnable en cessant la construction au risque de poursuites judiciaires et de dire aux exilés d’aller à Calais où une structure d’accueil est mise en place pour eux.
Le 31 juillet, l’association a reçu un recommandé de la municipalité l’ informant de la rédaction d’un procès verbal d’infraction par la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) à son encontre pour construction sans autorisation. Le Maire précisait également qu’il allait prendre un arrêté d’interruption de travaux pour mettre l’association en demeure de les interrompre immédiatement.
Selon les premières informations, si les travaux, réalisés par les exilé-e-s eux-mêmes, ne s’interrompaient pas après l’arrêté du maire, l’association Terre d’Errance pourrait encourir jusqu’à 75000 euros d’amende et une peine de trois mois d’emprisonnement.

Les citoyen-ne-s membres de l’association s’inquiètent de cette attaque en règle contre l’expression de la solidarité civile.
Elle rappelle que sans elle, aucune mesure ne serait prise pour permettre une cohabitation supportable par les Norrent-Fontois et les exilé-e-s. En effet, les membres de l’association sont les seul-e-s à entreprendre la transmission de règles de vie sur le camp afin d’organiser :
-le ramassage des déchets, et le nettoyage des lieux
-la collecte et le recyclage des vêtements et effets personnels des personnes qui réussissent à franchir la frontière,
-le non piétinement des cultures,
-la mise en place de toilettes pour limiter la dispersion des excréments.
-la collecte de dons pour rembourser les frais occasionnés à la municipalité lors des plans grand froid (en 2008, 2009, 2010, 2011, jusqu’à la construction des baraquements).

Car un des principes de l’association est de veiller à ce que cette question migratoire internationale ne pèse pas sur les habitant-e-s du village.

C’est elle aussi qui prend en charge depuis 2008 la veille sanitaire et la santé publique en gérant
 – l’accès aux soins,
– l’entretien du camp et des couchages
– l’accès aux douches

Car veiller à la santé des exilé-e-s, c’est protéger la santé des populations locales.

C’est également ses membres qui écoutent, informent les personnes, femmes, hommes, enfants, familles, de leurs droits, leurs devoirs, et les orientent vers les services appropriés selon leur situation administrative.

Que les autorités compétentes et les pouvoirs publiques ne fassent rien ou choisissent la répression à l’encontre des plus vulnérables d’entre nous, est déjà inacceptable, mais qu’ils choisissent d’attaquer celles et ceux qui ont décidé d’agir, de prendre les choses en main dans le respect des droits fondamentaux, dépasse l’entendement.

Par ailleurs, Terre d’Errance s’étonne que dans un contexte aussi tendu et où 3000 personnes se trouvent déjà à Calais, où 10 femmes et hommes y sont mort-e-s ces quelques dernières semaines, les pouvoirs publics cherchent à grossir le nombre d’exilé-e-s sur la ville de Calais.

Enfin, pour précision, actuellement une soixantaine de femmes et une soixantaine d’hommes se trouvent sur Norrent-Fontes, avec une douzaine d’enfants, 6 femmes sont enceintes. Les femmes ont tendance ces dernières semaines à être de plus en plus nombreuses afin d’échapper aux violences qu’elles rencontrent à Calais et parce que la sécurisation du port rend encore plus périlleux le franchissement de la frontière, comme l’indique le nombre de morts.

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A Calais, la France est « le bras policier » de Londres

A Calais, la France est « le bras policier » de Londres

LE MONDE | 01.08.2015

« Calais : envoyez l’armée ! » Dans sa rage à défendre le Royaume-Uni, « assiégé » par quelques milliers de migrants, la presse populaire britannique feint d’ignorer le sens exact de cet « appel » lancé au gouvernement Cameron : envoyer des soldats anglais sur le sol français pour régler une question que Paris se montre « incapable » de gérer.

Insensée, voire absurde, cette revendication rencontre un fort écho dans un pays qui ne peut plus se passer du cordon ombilical souterrain qui, de Folkestone à Calais, la relie au continent. Les vacanciers retardés dans leur quête de soleil, les routiers exténués par de longues heures d’attente sont nombreux à réclamer la manière forte. Comme s’ils rêvaient d’un tunnel à sens unique. Le Royaume-Uni ne serait plus une île pour ses habitants, mais le resterait pour les continentaux.

Dans son outrance même, la revendication d’un appel à l’armée contre des demandeurs d’asile sur le sol d’un pays étranger traduit une réalité que les gouvernements français successifs font tout pour masquer : au fil des crises à Calais, les Britanniques ont délégué aux Français la charge de contrôler l’imperméabilité de leur frontière terrestre qu’est le tunnel sous la Manche.

Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, avait signé en 2003 le traité du Touquet qui permet les contrôles au départ dans les ports. Onze ans et bien des accords franco-britanniques plus tard, son successeur actuel, Bernard Cazeneuve, s’est targué d’avoir obtenu de Londres un énième financement britannique (5 millions d’euros par an) pour « sécuriser le port de Calais ».

Mais cette politique dite « de coopération » apparaît singulièrement asymétrique. D’innombrables accords bilatéraux, pour certains non publiés, ont organisé la délocalisation, dans les gares et les ports français, des contrôles qui devraient être logiquement effectués à l’arrivée en Grande-Bretagne par des fonctionnaires britanniques. Ces textes conduisent « à faire de la France le “bras policier” de la politique migratoire britannique », a constaté, en juillet, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). Cette instance insiste sur le caractère « léonin » de ces arrangements dont la France tire un bénéfice financier sans rapport avec le coût financier d’une situation de crise humanitaire à répétition. Les 5 millions d’euros annuels versés par Londres ne suffisent même pas à financer le centre d’accueil de jour Jules-Ferry aménagé en périphérie de Calais (10 millions, dont 6 pour la France et 4 pour l’Union européenne).
Cul-de-sac pour migrants

Sans compter le coût humain d’accords qui ont transformé Calais en cul-de-sac pour migrants amenés à survivre dans des conditions – ni eau ni électricité dans la « lande » venteuse qui leur est réservée – bannies par les conventions internationales. Sans compter non plus le coût politique – dans une France minée par la rhétorique xénophobe – et moral, lié à la banalisation du rejet d’hommes et de femmes – Afghans, Syriens, Irakiens, Soudanais, Erythréens – qui ont pris le risque de fuir leur pays en butte à l’oppression, aux guerres ou aux crises parfois attisées par les interventions occidentales. Sans compter, encore, la dégradation de l’image de la France, perçue soit comme inhumaine, soit comme inefficace. Et celle de l’UE, incapable d’accueillir quelques milliers d’hommes au moment où le Liban abrite un nombre de réfugiés équivalent à un tiers de sa population.

De fait, la France est devenue garante du choix britannique de ne pas adhérer à la convention de Schengen sur la libre circulation des personnes. Bizarrement, Calais se situe en périphérie de cette zone européenne. Le paradoxe va encore plus loin : les accords bilatéraux franco-britanniques exonèrent Londres d’obligations liées à la simple appartenance à l’Union européenne.

Tel est le cas du règlement dit « de Dublin », qui prévoit que, « pour des motifs humanitaires et de compassion », notamment de liens familiaux, « tout Etat membre puisse examiner une demande (…) même si cet examen ne lui incombe pas ». S’il arrive à la France de pratiquer cette solidarité, c’est rarement le cas du Royaume-Uni. « Du fait de l’externalisation des contrôles sur le sol français, note encore la CNCDH, la Grande-Bretagne n’est pratiquement jamais compétente pour examiner les demandes d’asile. » Pourquoi la France a-t-elle consenti à de telles dérogations ? S’agit-il, comme le suggère la Commission des droits de l’homme, d’une manifestation du « complexe français de Talleyrand », qui verrait un « certain utopisme français » conduire Paris à mener des politiques qui ne sont pas de son ressort, alors que seul le pragmatisme guiderait les Britanniques ?

Pour l’heure, alors même que la crise à Calais atteint un nouveau pic, Paris et Londres font mutuellement assaut de diplomatie. Tandis que David Cameron insiste sur la qualité de la coopération avec la France, Paris préfère s’en prendre à Eurotunnel plutôt que de questionner la politique bilatérale. Pas question d’envenimer les discussions sur les réformes de l’Union européenne que M. Cameron souhaite obtenir avant le référendum sur la sortie ou non de l’Union qu’il a promis d’ici à 2017. Tant pis si le poison lent de Calais continue de se distiller dans les deux pays.

Philippe Bernard (Londres, correspondant)
Correspondant au Royaume-Uni

Source : http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/08/01/a-calais-la-france-est-le-bras-policier-de-londres_4707360_3232.html

opération: « l’eau, c’est la vie »

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Opération: « l’eau, c’est la vie »

Terre d’Errance vous demande de vous mobiliser en écrivant une nouvelle fois au maire de Norrent-Fontes.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’à Norrent-Fontes, 2 des 4 baraquements ont brûlé, fin avril.
Le nombre de personnes présentes au camp reste à peu près le même: entre 120 et 150 dans les deux baraquements restants et dans des tentes.

Le 13 mai dernier, a eu lieu une rencontre en sous-préf de Béthune avec le sous-préfet, la DDCS, le maire de NF et son premier adjoint, l’association Habitat Insertion et Terre d’Errance.
Nous n’avons rien obtenu:
– aucune solution pour l’eau (les exilés ont actuellement moins de 5l d’eau par jour et par personne alors que l’OMS en recommande 20)
– ni pour la mise à l’abri,(les exilés s’abritent sous des tentes qui ne sont pas adaptées et qui sont posées sur un terrain privé)
– aucune réflexion commune pour un meilleur vivre ensemble.
– rien d’autre qu’une accusation d’être responsables d’un appel d’air, (les exilés viendraient à Norrent-Fontes à cause de la douche hebdomadaire que nous organisons et pour les vêtement usés que nous distribuons)
– rien d’autre qu’une aide à Habitat Insertion pour l’hiver 2015, à utiliser de suite, pas pour aider les exilés mais pour qu’un travailleur social arrondisse les angles avec la population (pendant quelques mois seulement et sans avoir aucune garantie d’avoir la même enveloppe pour faire face à l’hiver prochain.)

Le manque d’eau est donc toujours un problème à Norrent-Fontes et le restera si nous ne mettons pas la pression, si nous ne faisons rien d’autre que de nous épuiser à faire des aller-retours avec des jerrycans.
En guise de première réponse aux refus du maire et du sous-préfet, Terre d’Errance vous demande de bien vouloir envoyer un message au maire de Norrent-Fontes, pour:
1/ Lui rappeler que non, la douche hebdomadaire organisée par Terre d’Errance n’est pas à l’origine de la présence de migrants en transit dans son village (ils sont là parce qu’il y a l’aire de service de l’A26 où ils tentent chaque soir d’entrer dans les camions qui s’y arrêtent)
2/ Lui demander à nouveau de faire en sorte que les droits, la dignité et la vie humaine soit respectés dans son village, en mettant en place une distribution d’eau adaptée aux besoins des personnes qui survivent dans le bidonville.

Mairie de Norrent-Fontes:
téléphone: 03 21 02 04 23
fax: 03.21.02.02.54
Mail: contact@norrent-fontes.fr

Adresse
2, rue du 11 novembre
62120 Norrent-Fontes

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Calais : « L’ordinaire de la brutalité policière » contre les migrants filmé

Le Monde.fr | 12.05.2015 à 12h43| Par Maryline Baumard

Officiellement, ces scènes n’existent pas : les violences policières exercées à Calais sur des migrants sont aussi largement dénoncées par les associations humanitaires que contestées par le ministère de l’intérieur. Pour prouver qu’elles existent, un collectif de citoyens calaisiens a filmé les pratiques policières. Et, cette fois, les images seront envoyées au Défenseur des droits, Jacques Toubon.

Avec cet enregistrement tourné le 5 mai sur la rocade qui conduit tout droit au tunnel sous la Manche, donc au rêve britannique, ce collectif de citoyens qui vient en aide aux victimes de violences et les répertorient veut « montrer l’ordinaire de la brutalité policière à l’encontre des candidats (sic) au passage entre Calais et l’Angleterre, qui tentent de se dissimuler dans les camions ».

Contactés lundi soir, par La Voix du Nord, les syndicats de police jugent ces images insuffisantes. « Une nouvelle fois, on n’y voit que des bribes de vidéos, estime Ludovic Hochart, d’UNSA-police. En général, quand on les voit au complet, la légitimité des interventions est démontrée. » Pour Gilles Debove, d’Unité-SGP-Police-FO, ces images prouvent que « les migrants n’ont plus peur des policiers : avant, il suffisait de mettre pied à terre pour qu’ils partent. Désormais, quand on les surprend dans les camions, ils ne veulent plus bouger ».
Maltraitances, passages à tabac, fractures

En janvier, Human Rights Watch (HWR), une des principales associations internationales de défense des droits de l’homme, avait publié une enquête au long cours sur ces violences. Pour toute réponse, le ministère de l’intérieur avait regretté dans un communiqué que HRW « n’ait pas pris la peine de vérifier les allégations dont elle fai[sai]t état ». L’entourage du ministre rappelait alors qu’« il existe trois voies de contrôle et que des enquêtes sont ouvertes à chaque fois que des faits remontent. L’inspection générale de la police nationale peut être directement saisie sur son site, y compris par les associations. Le procureur de la République peut aussi être prévenu, comme le Défenseur des droits. »

Le Défenseur des droits est à nouveau saisi du sujet et les vidéos du 5 mai viendront compléter son dossier.

Pour Izza Leghtas, chercheuse pour HRW et habituée aux terrains difficiles, l’enquête a été humainement éprouvante. « En novembre et décembre 2014, j’ai réalisé des entretiens longs avec quarante-quatre migrants dont trois mineurs, explique-t-elle. Dix-neuf m’ont déclaré avoir été maltraités au moins une fois par la police. Une maltraitance pouvant notamment signifier un passage à tabac. Huit avaient eu un membre cassé et vingt et un, dont deux enfants, avaient été aspergés de gaz. » Son travail n’a rien de statistique. Mais il confirme ce que chaque visiteur entend dès qu’il se rend sur un campement du Calaisis où vivent 2 200 personnes.

En 2012, déjà, les violences dénoncées par les associations étaient contestées par la hiérarchie policière. Pourtant, le Défenseur des droits avait donné raison aux plaignants dans un rapport du 13 novembre 2012. « Au regard de la multiplicité des témoignages recueillis et malgré les dénégations des fonctionnaires, le Défenseur des droits estime que ces faits sont avérés », écrivait alors Dominique Baudis. La situation est-elle différente aujourd’hui ?

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/05/12/l-ordinaire-de-la-brutalite-policiere-contre-les-migrants-filme-a-calais_4631949_1654200.html

«Quand on a la situation qu’ont les migrants, faut tout accepter»

Haydée SABÉRAN Lille, de notre correspondante 3 mai 2015

«Libération» s’est procuré un enregistrement qui révèle comment des gendarmes ont rabroué des clandestins venus porter plainte contre des policiers pour agression à Calais.

«Dans leur pays, ils oseraient dire que la police les a cognés ?» Cette phrase d’un gendarme de Norrent-Fontes (Pas-de-Calais) a laissé sans voix Clémence Gautier, la juriste de Plateforme de services aux migrants de Calais. Ce 24 juin 2014, elle accompagnait des exilés érythréens qui venaient déposer plainte pour coups et blessures contre la police et un chauffeur de camion. Elle a enregistré plusieurs minutes d’un dialogue édifiant, dont elle a livré l’enregistrement audio à Libération.

L’affaire commence à Norrent-Fontes, village en bordure de l’A26, près de la dernière aire d’autoroute avant Calais, dans la nuit du 22 au 23 juin. Ici, comme sur presque toutes les aires de la région qui mènent vers cette ville, chaque nuit, des migrants grimpent dans des poids lourds pour tenter de rejoindre l’Angleterre. Ceux qui échouent se font cueillir au port par les vigiles, par la police française ou par l’immigration britannique.

«Matraque». Cette nuit-là, la police – «ils avaient un uniforme bleu, sur lequel était écrit « police »», précisent des migrants – ouvre un camion, découvre une vingtaine d’hommes, de femmes et d’adolescents, et ça tourne mal. «Tout le monde est sorti, et j’étais le dernier, raconte Matias, 16 ans, au téléphone depuis l’Angleterre, où il a réussi à passer un mois plus tard dans un camion frigorifique. J’ai mis plus de temps que les autres à sortir. Alors, le chauffeur m’a frappé, plusieurs fois. Ma bouche et mon nez se sont mis à saigner. La police regardait et ne disait rien.» Un certificat médical confirme le nez tuméfié, le sang, la lèvre ouverte. Ermiyas, érythréen lui aussi, raconte la suite, dans un témoignage recueilli par un bénévole : «Ils nous ont fait asseoir. Deux camionnettes et deux ou trois autos de police sont arrivées. Les femmes sont montées dans une camionnette qui est partie. [Nous, les hommes, avons été conduits] hors de la ville, sur un terrain sans éclairage. Les policiers nous ont fait descendre un à un. […] Les six, dont une femme, criaient et nous frappaient de leur matraque, leurs poings et leurs pieds. Une fois la personne frappée, ils lui faisaient signe de partir. Les policiers sentaient l’alcool et ne parlaient pas anglais.»

Les migrants se réfugient alors dans la «jungle», puis rentrent à Norrent-Fontes et racontent au reste du groupe. Les bénévoles présents les convainquent de porter plainte. «On s’est dit qu’il serait plus simple de s’adresser à la gendarmerie de Norrent-Fontes qu’à la police de Calais»,dit Clémence Gautier.

«Excusable».Fille de policier, elle pousse la porte de la gendarmerie en confiance. Mais le dialogue tourne au vinaigre. Les gendarmes dissuadent les migrants de déposer plainte en mettant en avant le risque de se retrouver en centre de rétention. Ils minimisent les faits. Alors, la juriste appuie sur le bouton «play» de son smartphone. Le commandant : «Le gars qui en a marre de les trouver dans son camion, il fait quoi, il dit merci ? Faut se mettre à sa place, aussi. Après, je ne pardonne pas le geste, hein. […]. Mais il y a des règles à respecter, point barre ! Maintenant, ils viennent dire : « Ouais, mais il m’a frappé ! » Certes, ça ne se fait pas. Mais on va aller jusqu’où comme ça ? Bientôt, ils vont venir s’installer là, et puis on va devoir leur dire merci ? […] Moi, je suis le commandant de la brigade. […] Je me rends bien compte que c’est des gens qui sont dans la misère, je suis sûr qu’ils seraient sûrement mieux chez eux que de devoir traverser tout ce qu’ils traversent, mais quand on a la situation qu’ils ont, ben, faut tout accepter, malheureusement. Ça fait partie de la chose. […] Je ne dis pas qu’ils doivent tout encaisser tout le temps, mais il faut savoir faire le canard à certains moments. Ils prennent un risque en montant. Parce qu’ils montent quand même en commettant une effraction. Le propriétaire du camion, quand il veut faire remplacer sa bâche ou la faire recoudre, qui c’est qui paie ? C’est l’assurance ! Pour qui ? Pour ces gens-là !»

Un autre gendarme : «Le chauffeur, il est presque excusable d’avoir tapé sur un migrant, le mec, il…»

La juriste : «Ah non, hein ! Je ne suis pas d’accord.»

Un gendarme : «Le gars il est excédé, il en a marre.»

La juriste : «Il est excédé, mais il n’a pas d’excuse ! Je comprends qu’il soit énervé, mais je ne tolère absolument pas les coups et blessures. Ce n’est pas normal, absolument pas, en aucun cas […].»

Le commandant : «Bon, vous donnez les noms, et puis vous expliquez sommairement les faits, qu’ils sont montés dans le camion, que le chauffeur les a descendus, et puis voilà. Comme ça, tout le monde sera content, les faits seront dénoncés. Et eux, ils dormiront où ils veulent ce soir [sous-entendu : pas en centre de rétention, ndlr] […].»

Un gendarme : «Je ne veux pas vous porter la poisse. Attendez-vous à des retombées quand même, hein. Après, hein.»

La juriste : «De quel style ?»

Un gendarme : «Ben, vous allez avoir du gendarme et du policier sur le parking et aux environs à gogo, ça, je peux vous le garantir. Enfin, moi, je le vois comme ça, hein.»

Selon les bénévoles, les migrants se sont plaints que sur l’aire de Norrent-Fontes, dans les jours qui ont suivi, de nombreux gendarmes se sont relayés. Puis la surveillance s’est relâchée.

Le commandant : «Bon, on va relater sur dix-quinze lignes ce qu’on vous a rapporté. Forcément, le destinataire de votre procédure, c’est le procureur de la République. Il va voir arriver ça, il va dire bon… Ils sont quand même…»

Un autre gendarme : «…ils sont gonflés, les mecs.»

Le commandant : «…gonflés de venir signaler telle chose alors que…»

Les migrants qui se plaignaient de violences sont passés en Angleterre depuis. Alertée par Libération jeudi, la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a assuré que la gendarmerie ferait «les recherches nécessaires» sur cet épisode. «Toute personne qui vient porter plainte a le droit d’être entendue, c’est la loi», poursuit la préfète. Une enquête a été confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale.

Haydée SABÉRAN Lille, de notre correspondante

http://www.liberation.fr/politiques/2015/05/03/quand-on-a-la-situation-qu-ont-les-migrants-faut-tout-accepter_1287088

Migrants de Norrent-Fontes : deux cents personnes dans le sillage des survivants

Publié le 11/05/2015

PAR REYNALD CLOUET
Dimanche, près deux cents personnes ont défilé dans le cadre de la marche de la solidarité envers les migrants. Des citoyens sensibles à cette cause humanitaire, les bénévoles de Terre d’Errance mais aussi deux prêtres ainsi que le responsable de la communauté musulmane du béthunois.

La marche

Près de 200 personnes ont quitté le campement vers 17 h pour rejoindre l’église située dans le centre de la bourgade de Norrent-Fontes. Les deux endroits étant séparés de trois kilomètres. Ce trajet encadré par les gendarmes, c’était la première fois qu’un tel cortège l’effectuait. Terre d’Errance et les migrants avaient besoin de ce soutien populaire et symbolique, après les drames récents survenus en Méditerranée et l’incendie qui a ravagé le camp de Norrent-Fontes dans la nuit du 24 au 25 avril.

Les bougies

En mémoire d’un frère, d’une sœur, d’un ami ou d’une connaissance qui n’a pas survécu au voyage, les migrants ont écrit leurs prénoms sur des bougies. Ils les ont portées jusqu’à l’église où des bénévoles les ont allumées. Après quoi, elles ont été confiées aux personnes qui ont participé à ce temps de prière. Toutes les confessions étaient représentées, notamment par les abbés Michel Delannoy et Bruno Dubreucq et Yassine Brahim, le président de la communauté musulmane de l’agglomération béthunoise.

Le brassard noir

Chacun était invité à porter un brassard noir pour marquer le deuil des Érythréens qui voient les leurs mourir par centaines. Après avoir traversé six pays et pérégriné pendant des mois, des années, les migrants échouent dans le Pas-de-Calais. « Le sort réservé à ces survivant n’est pas acceptable », fulmine la présidente de Terre d’Errance. Le D r Fumery dénonce, lui, les « conditions sanitaires impossibles sur le camp. J’ai vérifié. Pour le moment, il n’y a pas d’eau dans les cuves. Les droits fondamentaux de l’homme ne sont pas respectés ».

http://www.lavoixdunord.fr/region/migrants-de-norrent-fontes-deux-cents-personnes-dans-le-ia32b54017n2820219

Le camp de Norrent-Fontes partiellement brûlé

Deux des quatre abris que nous avons construits ensemble il y a trois ans ont été détruits par les flammes dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 avril 2015.
Heureusement, personne n’est blessé.
Mais il nous est douloureux de voir détruits ces bouts de bois et de métal dans lesquels exilés, bénévoles au quotidien et soutiens plus ou moins lointains, nous avons mis tant de temps et d’énergie, et qui ont permis à de nombreuses personnes d’être au moins à l’abri du vent et de la pluie.
Cet incendie est accidentel.
La faute à la promiscuité.
La faute à l’absence d’électricité, qui force les gens à allumer des bougies pour pouvoir y voir clair.
La faute au manque d’eau qui ne permet pas le luxe d’un seau de secours dans les baraquements.
La faute à ces conditions de vie indécentes, indignes et insupportables dans la cinquième puissance mondiale.

Appel aux dons:
Dans cette attente, nous lançons un appel à dons pour pouvoir parer à l’urgence (achat de bâches, tentes, couvertures, etc.).
Pour adresser vos dons, deux possibilités :
-par Internet à l’adresse suivante : https://www.lepotcommun.fr/pot/jtmgvm5f
-par courrier en envoyant un chèque à l’ordre de Terre d’Errance au 18 rue du grand marais, 62190 Ham en Artois.
Il vous est toujours possible de déposer des vêtements, chaussures…au presbytère de Norrent-Fontes.

Avec cette nouvelle épreuve, le besoin en énergie et en temps bénévoles se fait plus aigu:
Nous avons besoin de monde pour les conduites aux douches les vendredis après-midi (à Isbergues et à Lillers) ainsi que pour le tri de dons les mardis matins ou pour organiser des actions de soutien et des rencontres.
Si vous avez un peu de temps et d’énergie, n’hésitez pas à nous rejoindre !

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Mobilisation le 18 décembre 2014 à Calais !

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Appel du Mouvement Emmaüs et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle

Non au « mur de la honte » à Calais !
Mobilisation le 18 décembre 2014 à Calais et partout en France

Calais : rendez-vous à 10h30, place du théâtre


Douze ans après la fermeture du hangar de Sangatte, la France va-t-elle avoir son Ceuta et Melilla à Calais ? Le nombre croissant de migrants, présents depuis plusieurs mois dans le Calaisis, conduit nos gouvernants à franchir une étape dangereuse pour les libertés et le respect des droits des migrants.

La légitimité de la présence des migrants est incontestable. Les pays dont ils proviennent – Afghanistan, Erythrée, Irak, Libye, Soudan, Syrie, notamment – en témoignent. Ils fuient la guerre, la répression, la dictature et l’arbitraire à la recherche d’une protection en Europe. Contrairement à ce qui est répété inlassablement, y compris au sommet de l’Etat, il ne s’agit nullement d’une « invasion ». Les conditions de survie indignes qui leur sont imposées en France sont intolérables. Malgré la solidarité des associations locales et la générosité des calaisiens, ils subissent l’abandon des pouvoirs publics qui proposent, à la marge, des solutions insuffisantes et n’assument pas leur responsabilité. Des moyens puissants doivent être déployés immédiatement pour secourir ces réfugiés qui se sont tournés vers nous. Faut-il attendre les premiers morts de froid dans les jungles de Calais pour déclencher enfin une réelle prise de conscience ?

Une nouvelle escalade dans l’aveuglement est en marche avec la construction d’un mur et le déploiement d’un dispositif sécuritaire de grande envergure à Calais, véritable appareil de guerre contre les migrants, entre la France et le Royaume-Uni. Nous, migrants et organisations de la société civile qui travaillons côte à côte depuis des années, refusons une telle dérive et demandons à nos concitoyens de s’y opposer fermement et massivement. Depuis des décennies, les contrôles renforcés aux frontières, les dispositifs de surveillance, d’intimidation et de contention, les mesures de déportation des migrants ont totalement échoué, ont coûté très cher et ont surtout provoqué des milliers de morts. Le mur en construction à Calais n’est qu’une nouvelle et triste illustration de cette réponse sécuritaire. Est-ce cela que nous voulons poursuivre, dans une fuite en avant inacceptable et irresponsable ?

En refusant l’asile et l’accueil, c’est la liberté dont nous jouissons nous-même qui est menacée : nous construisons les murs de notre propre prison. De cela nous ne voulons pas ! L’érection de fortifications à Calais doit cesser, et des discussions s’ouvrir sans attendre avec les autorités britanniques pour recevoir les demandes d’asile qui s’adressent à elles (comme cela a été pratiqué en 2002, à l’occasion de la fermeture du camp de Sangatte). Avec tous les Etats européens, ou avant eux, la France doit revoir la totalité de sa législation et de sa réglementation en matière d’asile et de migration (dénonciation du règlement Dublin et suppression de Frontex). Elle doit le faire dans le strict respect de l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, comme de la Convention de Genève. La France doit enfin réviser sa dangereuse et illusoire conception « nationale » de la migration, totalement inadaptée à la mondialisation des échanges humains et aux drames vécus aux portes de l’Europe. La France doit contribuer, au sein de l’ONU, à promouvoir une nouvelle gouvernance en matière de migration, respectueuse de la liberté de circulation, des droits enfin reconnus et appliqués pour tous les migrants.

Le 18 décembre prochain, Journée Internationale des Migrants, nous, migrants et organisations de la société civile engagées aux cotés des migrants, appelons à une mobilisation d’ampleur, à Calais et partout en France,

  • pour dénoncer l’indignité de l’accueil des migrants et exiger, conformément aux propositions des acteurs associatifs, la mise en place d’un dispositif d’accueil réaliste dans le Calaisis ;
  • pour refuser la réponse sécuritaire et la construction, en notre nom, du mur de la honte à Calais ;
  • pour obtenir de nouvelles politiques migratoires au niveau national, européen et mondial, respectueuses des droits et de la dignité des migrants.

* * *

Appel du Mouvement Emmaüs (Emmaüs international, Emmaüs Europe, Emmaüs France) et de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle.

Premiers signataires :

ACADEHLIB (ONG Camerounaise de défense des Droits de l’Homme)
ACC Minorités Visibles
ACORT (Assemblée citoyenne des originaires de Turquie)
ADRA Dunkerque
Aide Migrants Solidarité Téteghem
APCV (Association de promotion des cultures et du voyage)
APSR(L’association d’accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France)
ARCI
ASDHOM (Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc)
Association Femmes Plurielles
ATF (Association des Tunisiens en France)
ATTAC France
AWC (Association of World Citizens)
BE KHE BALLAN
Calais Migrant Solidarity
Calais, ouverture et humanité
CCFD
CEDETIM
CENTRE D’INFORMATION INTER- PEUPLES (association grenobloise de solidarité internationale)
CISEM (Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants)
CISPM- France (Coalition Internationale des Sans-papiers et Migrants)
Collectif de soutien de l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) aux sans-papiers et aux migrant-es
Collectif de soutien des exilés (Paris)
Collectif Fraternité migrants du Bassin minier 62
Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie
CRID
CSP75 (Coordination 75 des Sans- Papiers)
DIEL (Droits Ici Et Là-bas – Paris 11ème)
Droits devant !!
Enda Europe
FALDI (Forum des Associations des Luttes Démocratiques de l’Immigration)
FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) Fédération 62 de la Ligue des droits de l’Homme
Flandre Terre Solidaire
FNARS
FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations)
Forum Social des Quartiers Populaires Rhône-Alpes
FTCR
GISTI
IDD (Immigration Développement Démocratie)
Intégration « Les 3I »
IPAM
Itinérance Cherbourg
Jesuit Refugee Service France
Kirikou (crêche pour mineurs migrants au Maroc)
L’association des Marocains en France
La Cimade
La Cimade Nord-Picardie
La Cimade sud-est
La coordination 93 de lutte pour les sans papiers
La fondation France Liberté
L’AHSETI (ASTI du Havre)
L’Auberge des migrants
LDH
LDH 49
LDH CALAIS
LDH de Boulogne-sur-mer
LDH Dunkerque
Le Bon Pasteur – Angers
Le Carrefour des Solidarités du littoral nord
Le CNCD-11.11.11
Le Réveil Voyageur
MIGREUROP
Mouvement Utopia
MRAP
MRAP comité du littoral dunkerquois
REDA d’Angers
RITIMO
Salam Nord/Pas-de-Calais
SURVIE
Terre d’Errance (Flandre Littoral)
Terre d’Errance (Norrent-Fontes)
Terre d’Errance (Steenvoorde)
Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

par Association Terre d'Errance Posté dans Agenda

Le ministre de l’intérieur vient-il inaugurer à Calais son échec inévitable ?

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Le ministre de l’intérieur vient-il inaugurer à Calais son échec inévitable ?

lundi 3 novembre

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, se rendra à Calais ce lundi 3 novembre pour annoncer ses solutions dont certaines sont déjà en oeuvre.

Pourtant, rien de bien neuf sous le ciel calaisien tout comme dans les autres communes où s’abritent les migrants en transit. Les personnes exilées y sont certes plus visibles que d’ordinaire: provisoirement moins nombreuses à se noyer en Méditerranée alors que les crises dans leurs pays d’origine (Afghanistan, Erythrée, Soudan, Syrie, notamment) et dans les pays de transit (Lybie) les contraignent toujours à s’enfuir.

Des personnes exilées en transit vers la Grande-Bretagne, on n’en rencontre effectivement pas seulement à Calais. Elles sont aussi présentes à Paris, Ouistreham, Dieppe, Marquise, Grande-
Synthe, Téteghem, Steenvoorde, Tatinghem, Norrent-Fontes, Angres, etc…. Ainsi qu’à Cherbourg, dans la ville de Bernard Cazeneuve.

Pourquoi ce silence sur leur existence disséminée dans l’ensemble du nord-ouest de la France ?
Pourquoi cette fixation sur la seule ville de Calais ?

En ignorant volontairement les situations dans toutes ces communes, le ministre de l’Intérieur passe à côté de la réalité, ce qui l’empêche à l’avance de proposer de bonnes solutions.
M. Cazeneuve et, avec lui, le gouvernement ne propose d’ailleurs aucune solution satisfaisante.
Est-ce une solution d’envisager l’ouverture d’un « accueil de jour » à Calais, présenté comme humanitaire ?

Comme au moment de l’ouverture de Sangatte en 1999, il s’agit surtout d’éloigner migrantes et migrants du centre de la ville et de les assigner à l’invisibilité. Un ghetto en quelque sorte.
Cet « accueil de jour » semble, pour le moment, n’être pas accueillant du tout, et a plutôt l’air d’un regroupement de quelques services jusqu’ici disséminés aux différentes extrémités de la ville. Pas d’espace prévu pour se poser, discuter, se reposer.
Ce seul ghetto prévu pour un millier de personnes ne suffira pas au vu du nombre actuel d’exilés à
Calais, et sera difficile à gérer.

Par ailleurs, et par exemple, un seul repas par jour est prévu, sans possibilité pour les exilés de recevoir d’autres aliments, encore moins de faire eux-mêmes la cuisine, est-ce « humanitaire »?
Et que vont devenir les autres ? Quelles seront les nuits de tous ? Quel hiver leur réserve-t-on ?
Est-ce une solution de poser des barrières le long des autoroutes, de sophistiquer davantage les contrôles des camions et du port, de multiplier les effectifs de la police ?

Cela aura pour principales conséquences une augmentation des risques pris pour sortir de France ainsi que du nombre de morts le long de nos autoroutes et frontières.

Fondamentalement, rien ne va changer. Les côtes de la Manche et de la Mer du Nord vont rester, à l’identique, des frontières fermées qui créent l’entassement dans la région depuis bientôt 15 ans et qui font le bonheur des passeurs. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on connaît d’avance l’échec politique et humanitaire de M. Cazeneuve qui essaie de faire passer pour innovantes de vieilles recettes qui ont déjà fait la preuve de leur inefficacité.

Il existe des moyens pour traiter avec davantage de respect des personnes qui ont, pour la plupart,
fui une situation de guerre et de persécution : à ce titre ils sont de potentiels demandeurs d’asile.

Les voici :
* L’étude des demandes d’asile par les autorités britannique
* La délivrance de laisser passez par les autorités britanniques pour les personnes ayant des attaches familiales en Grande-Bretagne
* Une révision du règlement Dublin III pour permettre à chaque demandeur d’asile en Europe d’aller déposer son dossier dans le pays de son choix
* Une orientation immédiate vers un Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile pour les personnes qui souhaitent demander une protection en France;
* Le renforcement du dispositif de protection des mineurs, soit par l’Aide Sociale à l’Enfance
(ASE) soit par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ)
* Une renégociation du traité du Touquet
* La suppression de l’agence Frontex ;
* Un arrêt définitif des violences policières : les plaintes des personnes concernant des violences doivent pouvoir être enregistrées à l’aide d’un interprète et les victimes doivent pouvoir être orientées vers des structures ou des associations adaptées.
* L’inconditionnalité de l’hébergement qui ne peut se traduire que par la création de dispositifs d’accueil et d’orientation adaptés et en nombre suffisant;
Dans l’attente de ces dispositifs la mise en place de camps humanitaires d’urgence dignes à Calais et partout où ce sera nécessaire, gérés par l’État ou le HCR.

Organisations signataires :

Calais Ouverture et Humanité
Communauté Emmaüs Dunkerque
Emmaüs International
Emmaüs France
Le GISTI Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés
Itinérance Cherbourg
Le Réveil Voyageur
Terre d’Errance Flandres Littoral
Terre d’Errance Norrent-Fontes
Terre d’Errance Steenvoorde

Contacts presse :
Jean-Pierre Alaux (GISTI) : 06.81.90.74.33.
Erwan Frélaut (Calais Ouverture et Humanité) : 06.42.38.01.37.
Nan Suel (Terre d’Errance) : 06.95.28.29.43.

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par Association Terre d'Errance Posté dans Non classé

Dimanche 19 octobre, à Lillers: Bertrand Cocq en soutien aux migrants

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Rendez-vous dimanche 19 octobre 2014, 16h, au Palace Rue d’Aire à Lillers, pour un spectacle de Bertrand Cocq et Jean Marc Delattre en soutien à Terre d’Errance. prix libre.

Spectacle patoisant de 2h30, « Léon et Gérard, tout seuls à deux » met en scène deux personnages confrontés à ceux qui renient leurs origines modeste et la langue de leur enfance, ainsi qu’aux journalistes parisiens, si prompts à illustrer notre région de leurs clichés éculés…
Bertrand Cocq et Jean-Marc Delattre ne pouvaient pas rester indifférents au sort des migrants, eux aussi victimes de préjugés.
Pour les aider, ils vont monter sur scène: faire plaisir à celles et ceux qui sont par ici tout en récoltant un maximum d’argent pour l’association qui vient en aide à celles et ceux qui passent par là.

Venez rire avec Léon et Gérard, venez soutenir Terre d’Errance !

Le prix d’entrée est libre : donnez la somme que vous voulez pour soutenir l’association.
Ce rendez-vous sera aussi l’occasion de récolter des chaussures, vêtements, produits d’hygiènes et couvertures…

Merci à Bertrand Cocq et à Jean-Marc Delattre, à la municipalité de Lillers pour le prêt de la salle et à l’ALJ pour l’aide à l’organisation de cet évènement.

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