Deux noyés à Saint-Omer : un clandestin et un homme qui voulait le secourir

la Voix du Nord 14 octobre 2008
Deux noyés à Saint-Omer : un clandestin et un homme qui voulait le secourir

Dans la nuit de samedi à dimanche, deux personnes se sont noyées près de la gare de Saint-Omer : un clandestin qui voulait profiter d’un camion pour gagner l’Angleterre, et un habitant de Norrent-Fontes qui avait plongé pour le secourir.

Dimanche, un peu avant 1 heure du matin, deux Érythréens s’approchent d’un camion garé quai du Commerce, à proximité de la gare de Saint-Omer. Ils ont remarqué qu’il appartient à une entreprise basée à Calais. De plus, sur le pare-brise apparaît un document siglé SeaFrance, un genre de « pass ».
Les deux hommes voient là l’occasion de rejoindre la Grande-Bretagne.

Un client du café voisin
C’est semble-t-il en redescendant de la semi-remorque de l’ensemble routier pour s’assurer qu’il irait bien à Calais qu’un des clandestins tombe à l’eau. En effet, l’arrière du poids lourd était en surplomb du canal. La hauteur du quai et l’éloignement de la première échelle empêchent le clandestin de remonter. Son compagnon crie et alerte des gens à proximité. C’est ainsi que plusieurs personnes sortent d’un café proche.
L’un des consommateurs, n’écoutant que son courage, plonge. Mais lui aussi, certainement en raison de la température de l’eau (de 10 °C à 12 °C selon les pompiers) se noie. Il s’agit de Jean-Pierre Everaere, 47 ans, domicilié à Norrent-Fontes (entre Aire-sur-la-Lys et Béthune).
Une autopsie sommaire, pratiquée hier matin, a permis de confirmer qu’il n’y avait pas eu d’événements particuliers, une bagarre par exemple, avant les faits.
Patrouille
Le clandestin noyé n’a pas non plus voulu échapper aux forces de l’ordre. Une patrouille de douaniers est bien passée dans les parages, mais après les faits.
Depuis la fermeture du centre de réfugiés de Sangatte, en 2002, près de Calais le phénomène des migrants n’a pas disparu. Il s’est simplement dilué. Au lieu de se focaliser à proximité de Calais, les candidats à l’exil tentent leur chance de plus loin.
De la Belgique à la Somme, et sur certaines aires d’autoroute, jusqu’au nord de Paris, ils tentent de monter dans des camions qui font route vers la Grande-Bretagne.

Ils viennent de très loin, Irak, Érythrée, Soudan, Afghanistan, chassés par la guerre, et vivent dans l’espoir d’un monde qui ne pourra pas être pire. Le voyage est semé d’embûches. Mais les derniers kilomètres ne sont pas toujours les moins dangereux.

J.-M. S.

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par Association Terre d'Errance Posté dans Non classé

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