l’État et la municipalité attaquent les citoyen-ne-s volontaires

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Non contents de ne rien faire, l’État et la municipalité attaquent les citoyen-ne-s volontaires.

Norrent-Fontes, le 06/08/2015

Le 27 avril dernier, un incendie accidentel faisait partir en fumée 2 des 4 abris reconstruits en 2012 sur un terrain municipal, sur les ruines d’un premier camp datant de 2009.

La construction de 2012 s’était effectuée en partenariat avec les exilé-e-s, l’association Terre d’Errance, Médecins du Monde et le Conseil Régional via le réseau des Élus Hospitaliers. Le 20 juin, en Assemblée Générale, les travaux ont été annoncés ; Terre!d’Errance déplore qu’aucun élu de Norrent-Fontes n’ait été présent.
Depuis le lundi 13 juillet, des bénévoles de Terre d’Errance et des exilés, aidés par des habitants alentours et soutenus par des associations comme la Fondation Abbé Pierre, se sont mis à reconstruire un abri sur les lieux de l’incendie.
Dans la semaine, des élus municipaux, des gendarmes et des agents de la DDTM sont venus photographier le chantier.

Le mercredi 22 juillet le sous-préfet a téléphoné à l’association Terre d’Errance et demandé de se montrer raisonnable en cessant la construction au risque de poursuites judiciaires et de dire aux exilés d’aller à Calais où une structure d’accueil est mise en place pour eux.
Le 31 juillet, l’association a reçu un recommandé de la municipalité l’ informant de la rédaction d’un procès verbal d’infraction par la DDTM (direction départementale des territoires et de la mer) à son encontre pour construction sans autorisation. Le Maire précisait également qu’il allait prendre un arrêté d’interruption de travaux pour mettre l’association en demeure de les interrompre immédiatement.
Selon les premières informations, si les travaux, réalisés par les exilé-e-s eux-mêmes, ne s’interrompaient pas après l’arrêté du maire, l’association Terre d’Errance pourrait encourir jusqu’à 75000 euros d’amende et une peine de trois mois d’emprisonnement.

Les citoyen-ne-s membres de l’association s’inquiètent de cette attaque en règle contre l’expression de la solidarité civile.
Elle rappelle que sans elle, aucune mesure ne serait prise pour permettre une cohabitation supportable par les Norrent-Fontois et les exilé-e-s. En effet, les membres de l’association sont les seul-e-s à entreprendre la transmission de règles de vie sur le camp afin d’organiser :
-le ramassage des déchets, et le nettoyage des lieux
-la collecte et le recyclage des vêtements et effets personnels des personnes qui réussissent à franchir la frontière,
-le non piétinement des cultures,
-la mise en place de toilettes pour limiter la dispersion des excréments.
-la collecte de dons pour rembourser les frais occasionnés à la municipalité lors des plans grand froid (en 2008, 2009, 2010, 2011, jusqu’à la construction des baraquements).

Car un des principes de l’association est de veiller à ce que cette question migratoire internationale ne pèse pas sur les habitant-e-s du village.

C’est elle aussi qui prend en charge depuis 2008 la veille sanitaire et la santé publique en gérant
 – l’accès aux soins,
– l’entretien du camp et des couchages
– l’accès aux douches

Car veiller à la santé des exilé-e-s, c’est protéger la santé des populations locales.

C’est également ses membres qui écoutent, informent les personnes, femmes, hommes, enfants, familles, de leurs droits, leurs devoirs, et les orientent vers les services appropriés selon leur situation administrative.

Que les autorités compétentes et les pouvoirs publiques ne fassent rien ou choisissent la répression à l’encontre des plus vulnérables d’entre nous, est déjà inacceptable, mais qu’ils choisissent d’attaquer celles et ceux qui ont décidé d’agir, de prendre les choses en main dans le respect des droits fondamentaux, dépasse l’entendement.

Par ailleurs, Terre d’Errance s’étonne que dans un contexte aussi tendu et où 3000 personnes se trouvent déjà à Calais, où 10 femmes et hommes y sont mort-e-s ces quelques dernières semaines, les pouvoirs publics cherchent à grossir le nombre d’exilé-e-s sur la ville de Calais.

Enfin, pour précision, actuellement une soixantaine de femmes et une soixantaine d’hommes se trouvent sur Norrent-Fontes, avec une douzaine d’enfants, 6 femmes sont enceintes. Les femmes ont tendance ces dernières semaines à être de plus en plus nombreuses afin d’échapper aux violences qu’elles rencontrent à Calais et parce que la sécurisation du port rend encore plus périlleux le franchissement de la frontière, comme l’indique le nombre de morts.

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