La Libye et Malte manquent à leur devoir envers les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants

La Libye et Malte manquent à leur devoir envers les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants

« Il vaut mieux mourir en mer que retourner en Libye. »
Farah Anam, une Somalienne arrivée à Malte en juillet 2010 après avoir traversé la Libye.

Réfugiés et migrants dans la cour du centre de détention de Misratah, Libye. Novembre 2008
© Gabriele del Grande

En voulant fuir persécutions et conflit armé, les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile qui tentent de se rendre en Europe en passant par la Libye se trouvent exposés à la torture et à la détention illimitée. Chaque année, des dizaines de milliers de Somaliens quittent leur pays et entreprennent un long et périlleux voyage à travers des États comme la Libye pour fuir le conflit qui ravage la Somalie depuis 1991.

En Libye, les ressortissants étrangers, et plus spécialement les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants, sont particulièrement vulnérables et vivent en permanence dans la crainte d’être arrêtés et d’être victimes de détentions prolongées, d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements.

En outre, beaucoup ont peur d’être renvoyés dans leur pays d’origine, sans que le risque réel qu’ils courent d’y être persécutés ne soit pris en compte.

Pas de protection en Lybie

D’après les autorités libyennes, il y aurait plus de trois millions de « migrants en situation irrégulière » dans le pays, dont beaucoup sont originaires d’autres pays d’Afrique. Mais elles affirment qu’il n’y a parmi eux aucun réfugié.

Les réfugiés et les demandeurs d’asile n’ont aucun statut juridique en Libye, quel que soit leur besoin de protection. Ce pays ne fait pas partie des signataires de la Convention de 1951 des Nations unies et ne dispose d’aucune procédure permettant d’obtenir l’asile.

En novembre 2010, le gouvernement a ouvertement rejeté les recommandations faites à la Libye de ratifier la Convention de 1951 et de conclure avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) un protocole d’accord qui permettrait au HCR d’aider les réfugiés et les demandeurs d’asile en Libye.

En Libye, réfugiés, demandeurs d’asile et migrants sont systématiquement victimes d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements. Les gardiens frappent souvent les détenus à coups de poings ou à l’aide de matraques ou de barres en métal et ceux qui se plaignent des conditions de détention ou demandent une assistance médicale sont agressés ou punis d’une autre manière.

Réfugiés et migrants dans une cellule du centre de détention de Misratah, Libye. Novembre 2008
© Gabriele del Grande
Jeu trouble de l’Union européenne

Malgré cela, en octobre, la Commission européenne a signé avec les autorités libyennes un « programme de coopération » pour une «gestion efficace des flux migratoires» et un «contrôle des frontières» jusqu’en 2013, au titre duquel l’UE va verser à la Libye 50 millions d’euros.

Dans le même temps, l’UE et la Libye sont en train de négocier un « accord-cadre » qui doit notamment permettre la « réadmission » en Libye de ressortissants de « pays tiers » qui se sont rendus en Europe en passant par la Libye.
L’UE et ses États membres ne doivent pas fermer les yeux sur les incessantes violations des droits humains en Libye en recherchant la coopération de ce pays dans le but de contenir le flux de migrants originaires d’Afrique qui arrivent en Europe.

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