Accompagnés d’un pianiste, deux sopranos et un conteur donnent de la voix pour les migrants de Norrent-Fontes

lundi 04.10.2010, 05:03 – La Voix du Nord

Accompagnés d’un pianiste, deux sopranos et un conteur donnent de la voix pour les migrants de Norrent-Fontes

Offrir des couvertures, des médicaments… des gestes simples qu’accomplit, depuis plusieurs années, l’Isberguoise Cécile Mirland touchée par la détresse des migrants qui, en route vers l’Angleterre, reprennent leur souffle à Norrent-Fontes. Un jour, elle a eu envie de faire encore plus. Hier, elle a offert sa voix de soprano lors d’un concert caritatif à l’église d’Ham-en-Artois. …

Cette étudiante du conservatoire d’Arras n’était pas seule à assurer l’événement. « Il y a deux ans l’association Terre d’errance avait fait venir une chorale. Je me suis dit que je pourrai aussi chanter pour eux, à titre gracieux. J’ai monté ça sous la forme d’un projet de fin d’étude pour le conservatoire. J’ai contacté Sabine Calonne, soprano d’Auchy-au-Bois que je connais bien. » Entre deux cuillères de miel pour faire passer un chat dans la gorge, l’alciaquoise confirme : « On a débuté toutes les deux dans la même classe à Aire-sur-la-Lys. Elle est partie au conservatoire d’Arras, moi à celui de Boulogne. » Le pianiste Samuel Ternoy est aussi une vieille connaissance. L’Isberguois qui les accompagnait à l’école de musique d’Aire-sur-la-Lys. Quant à Jean-Yves Vincent, conteur, c’était l’homme idéal pour présenter chaque morceau. Neuf mois de travail ont été nécessaires pour en arriver au concert d’hier.

Dans la salle, des Erythréens que les membres de Terre d’errance n’avaient pas manqué d’inviter. « Pour eux, nous avons chanté un refrain très connu dans leur pays : Lambadina, et ils ont eu l’air d’apprécier », se réjouissait Cécile. Le reste du public, parmi lequel des élus et des habitants du secteur sensibles à la cause des migrants, était sous le charme.

Les bénéfices de la manifestation vont contribuer à améliorer les conditions vestimentaires des migrants. « Je vais essayer de me procurer de bonnes chaussures et des manteaux, chauds et surtout qui restent bien imperméables. Nous aiderons aussi le camp de Tatinghem qui accueille une quinzaine d’Afghans. Une poignée de femmes les aide, mais leurs conditions de vie sont vraiment terribles. Il manque de bâches, de couchages… », explique Lily Boillet, présidente de l’association.

Et si celle-ci ne pouvait qu’être heureuse de ce bel après-midi, elle sait que le combat pour la dignité de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants continue : « Nous craignons que les préfets profitent des dernières lois pour passer outre l’avis des maires et détruire les camps s’ils les jugent insalubres. Le problème, c’est que s’il y a destruction, aucune autre solution ne sera mise en place. » Cette militante aux cheveux de jais n’est pas au bout de la mission qu’elle s’est fixée : « C’est un travail de tous les jours pour les aider à survivre, mais aussi pour faire changer le regard des autres. Je surprends encore des gens qui s’étonnent de me voir me promener avec une personne noire. Je croyais qu’au XXIe siècle, on était suffisamment éduqué pour accepter la différence. » •

A. M.

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