Ça roule pour le droit des migrants

L’Écho de la Lys – jeudi 08.07.2010

Ça roule pour le droit des migrants

Le Jungle Tour faisait escale lundi au camp de migrants érythréens de Norrent-Fontes. L’occasion pour pour les associations de se rencontrer et de sensibiliser les élus locaux

Aller de ville en ville en vélo pour rencontrer les migrants du Nord-Pas de Calais, c’est le principe du Jungle Tour. Partis d’Arras le dimanche 4 juillet, les cyclistes ont fait une première escale à Angres avant de rejoindre Norrent-Fontes, le 5 juillet, et son camp de migrants érythréens.
Le voyage se poursuivra jusqu’à l’arrivée à Lille le 12 juillet, après quelques escales à Calais ou encore Dunkerque.
Une idée originale née de l’association entre Philippe Wannesson, président de La Marmite aux Idées, et Amnesty International Nord-Pas de Calais/Somme. « Un tour de vélo est un moyen de créer du lien entre les associations qui militent pour le droit des exilés, puisqu’elles ont toutes été sollicitées pour l’organisation du Jungle Tour, explique Philippe Wannesson. Nous voulions aussi créer un événement afin de rappeler qu’il y a toujours des problèmes, même si on n’en parle plus beaucoup en ce moment. » À Norrent-Fontes, ils étaient neuf cyclistes à découvrir le camp de migrants situé sur un terrain communal, au milieu des champs. Sur place, l’organisation était confiée à l’association Terre d’errance et à sa présidente, Lily Boillet.« Nous nous sommes chargés d’inviter à la soirée les élus locaux et d’organiser le repas. Ce sont les femmes du camp qui l’ont préparé, il sera donc composé de spécialités érythréennes ».

Dès 16 heures, quelques élus arrivent : Jacques Napieraj, maire d’Isbergues, Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes, … Une présence capitale pour Lily Boillet : « les élus locaux n’ont pas le pouvoir de changer les choses à grande échelle. Mais ils ont les clefs pour lutter contre la xénophobie, pour protéger les camps de migrants et pour organiser une meilleure communication. » Les premiers contacts sont un peu timides, les visiteurs hésitent à entrer dans le camp. Mais les migrants ont préparé du café traditionnel et viennent finalement le servir aux personnes présentes. Puis, peu à peu, les membres des associations, les cyclistes et les élus viennent s’asseoir sous une bâche du camp. Les migrants parlent un peu anglais, rarement français, mais un dialogue se met progressivement en place. Un vrai moment d’échange, comme le souhaitaient les associations.
« Un événement comme le Jungle Tour permet de montrer le vrai visage des migrants. Un visage humain. D’habitude, quand on en parle dans la presse, c’est pour raconter une inculpation, un incident », regrette Lily Boillet.

Une réussite aussi pour Philippe Wannesson, qui compte aller encore plus loin la prochaine fois. « Il y aura d’autres Jungle Tour, c’est certain. Nous avons l’intention de commencer à préparer le prochain en octobre ou novembre, et nous voudrions que cette fois, il puisse partir de Paris. Car la capitale est un peu le point de départ aussi pour tous les exilés qui arrivent en France. Nous envisageons également d’aller faire un tour chez nos voisins belges, avec lesquels nous n’avons pas encore beaucoup de relations pour l’instant. »

Hélène BOCKELET

L’Echo de la Lys

Source

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