Jour de foot, hier, au stade, pour des habitants et des migrants unis sous les mêmes couleurs

La Voix du Nord – dimanche 13.06.2010

Jour de foot, hier, au stade, pour des habitants et des migrants unis sous les mêmes couleurs

Pas le temps de se lamenter sur la performance des Bleus contre l’Uruguay que les jeunes du MRJC accueillaient hier matin les premiers participants à leur « tournoi de foot interculturel ». Au final, l’événement est parvenu à réunir en six équipes tirées à la mêlée migrants, bénévoles et habitants autour du ballon rond

PAR ARNAUD DÉTHÉE

bruay@info-artois.fr

Dix heures, hier matin, au stade. Les yeux des ados du MRJC et des migrants paraissent encore embués. Les premiers ont campé sur place, les seconds ont passé la nuit cachés sur le parking de Saint-Hilaire dans l’espoir d’un camion pour l’Angleterre. Une prochaine fois peut-être… Parmi eux, Daniel, David Sun, Samy ou Emmanuel, n’ont pas fermé l’œil plus de trois heures et se présentent sur le terrain le ventre creux.

Le temps de composer six équipes du bout du monde et le coup d’envoi du tournoi est donné sur un Chine-Mexique qui donne le ton d’emblée. « Y sont bons ces gosses, lâche Georges, un villageois débonnaire à la bedaine rebondie qui dans son but arbore le maillot Sang et Or d’un ancien joueur du RC Lens, l’Ivoirien Aruna Dindane. J’ai vu une affiche du tournoi et comme j’adore le foot, je me suis dit pourquoi pas. Y’a pas de violence, on apprend à se connaître, c’est impeccable. » Son camarade Jonathan, nouveau venu au village, opine du chef. Norrent-fontois depuis le mois d’avril seulement, il est venu se prêter au jeu pour tisser des liens. Un peu surpris de se retrouver balle au pied au milieu des Erythréens et des Vietnamiens venus du camp d’Angres, mais ravi de taper le cuir avec ses coéquipiers d’un jour. « Le foot, y’a pas mieux pour rassembler les gens, dit-il. D’habitude, les migrants, on les voit dans la rue ou dans le journal. Là, on voit des gens… » Sur les deux demi-terrains matérialisés, les rires et sourires ponctuent les actions et les plus belles gamelles. Un migrant improvise un chant victorieux avec Jordan, Kevin et Melvin sous l’oeil d’Antonio, qui après huit mois passés sur le camp vient d’obtenir l’asile politique. « C’est une belle journée pour nous tous, déclare-t-il en tirant sur sa clope. Pour vous les Français, comme pour nous. Ça mélange, ça ouvre les esprits. Les Erythréens ne pensent qu’à l’Angleterre sans penser aux habitants. Aujourd’hui, on oublie les soucis. » Accoudée sur la rambarde du stade, Monique Pouille chambre gentiment les équipiers du jeune Emmanuel, 15 ans, très adroit techniquement. « Lui, il rêve de championnat d’Angleterre », confie Lily Boilet qui sait qu’au coup de sifflet final, la réalité du camp le reprendra aussi vite qu’il file au but.

Source

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s