À Nice, la France reçoit 38 chefs d’État africains

Sud Ouest – 31 mai 2010 07h30 | Par Christophe Lucet

À Nice, la France reçoit 38 chefs d’État africains

À part Madagascar, toujours plongé dans la crise politique, et le Zimbabwe, dont le dictateur Robert Mugabe est au ban de la communauté internationale, 51 pays d’Afrique sur 53 sont représentés aujourd’hui à Nice – dont 38 au niveau suprême – pour le 25e sommet franco-africain, qui est aussi le premier de Nicolas Sarkozy. Occasion pour le président français de préciser sa politique africaine et de faire oublier son discours de Dakar de 2007.

Car si elle ne fait pas encore l’histoire, l’Afrique ambitionne d’être enfin conviée à la table où se discutent les grandes questions : climat, pauvreté, terrorisme, régulation financière… Et la France, dans son rôle d’intercesseur des Africains, a promis d’agir pour qu’ils soient mieux représentés à l’ONU, au G20 et dans les autres enceintes internationales. En conviant le Sud-Africain Jacob Zuma à un déjeuner à deux, en rencontrant Goodluck Jonathan, nouveau président du Nigeria, autre locomotive de l’Afrique, Nicolas Sarkozy veut montrer que Paris est sorti de son « pré carré » et rénove sa politique africaine.

Les contempteurs de la « Françafrique » seront difficiles à convaincre. « L’année 2009 a vu un recul de la démocratie en Afrique : coups d’État ou violences en Guinée, au Niger, aux Comores, crise aggravée à Madagascar, élections truquées au Gabon, au Togo », pointe Olivier Thimonier, secrétaire général du groupe Survie : « Mais là où la France a des intérêts économiques importants, elle continue d’apporter son soutien à des régimes dictatoriaux. »

« Présumés criminels »

L’ONG de défense des droits de l’homme HRW dénonce, elle, la venue à Nice d’« une brochette de présumés criminels » : allusion au Premier ministre éthiopien Meles Zenawi ou au président érythréen Issayas Afeworki, qualifié de « Kim Jong-il de l’Afrique » : rarement citée, l’ex-province éthiopienne est jugée par Reporters sans frontières le pays du monde le plus attentatoire à la liberté de la presse, sachant que d’autres pays (Nigeria, Congo Brazzaville, Cameroun, Ouganda…) ont aussi sur ce plan des politiques très répressives.

Un autre dictateur est absent : le Soudanais el-Bechir, poursuivi devant la Cour pénale internationale pour des exactions au Darfour. C’est lui qui a causé le déplacement du sommet puisque l’Égypte, qui devait organiser celui-ci, voulait convier son voisin du Sud. En revanche, les chefs putschistes du Niger et de la Guinée seront à Nice, au nom de ce que l’Élysée nomme les « transitions consensuelles ». Notons que les militaires guinéens viennent de signer à Rome, sous les auspices de la Communauté de Sant’Egidio proche du Vatican, un document prévoyant une transition démocratique à Conakry.

Source

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s