L’association Terre d’Errance Flandre Littorale est lancée

Le journal des Flandres – mercredi 31.03.2010

BOLLEZEELLE L’association de solidarité Terre d’Errance Flandre Littorale est lancée

280 personnes ont assisté dimanche à l’acte de naissance de la branche littorale de l’association Terre d’Errance L’intérêt suscité a dépassé les espérance des initiateurs, Jean-Marie Devulder et François Braure

Née et bien née, pour son tout premier acte public, l’association Terre d’Errance Flandre Littorale a rassemblé de nombreux soutiens, venus du Dunkerquois, du Calaisis ou encore de Steenvoorde et des environs de la métropole lilloise.

Ses initiateurs, le diacre Jean-Marie Devulder et François Braure (désormais respectivement président et vice-président) avaient tablé sur la présence de 200 personnes dimanche à l’espace Dehaene. Les bénévoles en ont été quittes pour rajouter 80 chaises supplémentaires.
Comment expliquer une telle mobilisation sur une question aussi épineuse, apparaissant aux yeux du grand public comme sans solution à leur échelle, et de ce fait un brin lassante ?
« Il y a eu de la maladresse de la part du port autonome et de la police vis-à-vis du diacre en décembre dernier », avance un sympathisant : « les gens ont été choqués ».
Aujourd’hui, François Braure assure comprendre la position du port à l’époque : « C’est vrai que nous sommes intervenus sur leur territoire sans autorisation… Mais ce que nous déplorons aujourd’hui, c’est le manque de dialogue avec nous. Les migrants sont un problème pour le port. Alors pourquoi en pas nous aider en nous laissant par exemple leur amener du bois, pour qu’ils n’aillent pas casser des palettes dans les entreprises avoisinantes, ou encore de la nourriture pour qu’ils ne développent pas éventuellement ensuite d’agressivité pour se nourrir ? Nous apportons 1 000 litres d’eau tous les deux jours. C’est le minimum vital, sachant qu’il faut au moins 15 litres par personne et par jour, nous sommes loin du compte (70 à 80 migrants peuplent en moyenne le campement de Loon-Plage, N.D.L.R.). » Comme Jean-Marie Devulder, François Braure a compris la leçon : « Cette association, c’est aussi un moyen de nous protéger. »
Opération « poulet »
L’intérêt suscité et le soutien rencontré dimanche peut achever de rassurer les acteurs littoraux de Terre d’errance, qui travailleront en bonne intelligence avec le secours catholique, Salam et Médecins du monde. Pas question de se marcher sur les pieds : « Nous apportons ce qu’ils n’apportent pas. C’est une mutualisation de moyens », assure François Braure. Et Jean-Marie Devulder de présenter les objectifs de son association et de détailler au public les actions menées en faveur des migrants loonois.
Comme l’opération « poulet » (clin d’oeil aux services de la PAF ?) qui leur a permis de manger de la viande, ou encore l’opération crêpes à la chandeleur mais aussi et surtout l’apport « grâce à trois agriculteurs locaux, de dizaines de kilos de pommes de terre, pommes et oignons… Cela peut paraître bizarre mais c’est un plat de chez-eux… » Terre d’Errance Flandre Littorale se veut en outre un groupe ouvert, « interreligieux et interspirituel, en lien avec le culte musulman et l’église réformée, pour être aux côtés de ceux qui souffrent. » Au gré des discours, débats et projections vidéo, notamment rehaussées par la présence de certains acteurs comme Jawad, Afghan régularisé et depuis installé en France, les bulletins d’adhésion ont peu à peu rempli l’urne déposée à l’entrée de la salle. De quoi rendre Jean-Marie Dewulder un brin nostalgique en pensant « à ce jour de pluie qui a changé ma vie* ». Et Valentin, l’ancien étudiant calaisien aujourd’hui militant no border et héros du documentaire « les choix de Valentin », de confirmer : « quand t’as commencé à aider et à donner à manger à ces gens, tu ne peux plus t’arrêter. »
D.E.

28 novembre 2009, les pluies diluviennes qui s’abattent sur la région détrempent et inondent les terres du port autonome. A Loon-Plage, les migrants installés derrière Dailyfresh pataugent dans leur camp boueux. Jean-Marie-Devulder et François Braure prennent l’initiative de louer une petite pelleteuse pour creuser des fossés d’évacuation. Ce qui leur vaudra une plainte du port autonome, inquiet pour sa forêt de canalisations enterrées, et une convocation à la PAF.

Le Journal des Flandres

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