Cherbourg : Itinérance pour une prise en charge des réfugiés

Ouest France – mercredi 10 mars 2010

Itinérance : pour une prise en charge des réfugiés


Les demandeurs d’asile vivent une situation insupportable. L’association Itinérance dénonce et alerte l’opinion publique et les autorités.

Vingt demandeurs d’asile dans le squat

« Ne poussez pas les réfugiés au désespoir en détruisant ici, ceux que les Talibans n’ont pas massacrés en Afghanistan. » Cette supplique adressée au préfet est celle de Paul Gaillard, fondateur de l’association Itinérance. Avec une cinquantaine de bénévoles, il réalise un travail considérable auprès des migrants. Irakiens, Iraniens, Afghans… Après la fermeture du centre de Sangatte en 2002, beaucoup n’avaient qu’un but : rejoindre le Royaume-Uni. Mais Itinérance s’est mis au travail. Aujourd’hui à force d’accompagnement social et juridique, nombreux sont ceux qui demandent l’asile en France.

Hier, ils étaient seize, tous Afghans, autour de la présidente, Claudie Rault-Verprey, à témoigner de leur énorme désir de vivre en France. Dawood, 22 ans, à Cherbourg depuis novembre, traduit pour ses amis dans un bon anglais. « Nous sommes venus ici pour une vie meilleure. Mais nous sommes sans maison, sans argent, sans droit de travailler depuis des mois. C’est un trop long parcours. Please l’Ofpra (Office français pour les réfugiés et les apatrides), donnez-nous la possibilité de nous en sortir. » Abdullah, Ahmid, Mourad, Djamel et les autres ont le même discours et parfois les yeux embués de larmes. Eux qui, « avaient un bon job en Afghanistan ». Eux qui, ne sont « pas des criminels ».

Le problème de l’hébergement

Au nom de l’association, Pascal Besuelle dénonce les manques de l’Etat. « Selon la législation les demandeurs d’asile doivent être pris en charge pour leur hébergement, leur santé et leur subsistance dès le moment où ils ont une autorisation provisoire de séjour. Or, à ce jour ils sont vingt à vivre sous des tentes, dans des conditions insupportables, parfois depuis plus de six mois », s’indigne-t-il. Consciente de l’insuffisance des places en Cada (Centre d’accueil de demandeurs d’asile), l’association remarque toutefois que « l’Etat se met lui-même dans l’illégalité. Il doit trouver des solutions d’attentele plus vite possible ».

La convention « Dublin 2 »

Autre problème : celui des réfugiés placés sous convention « Dublin 2 ». Cette convention passée entre les Etats européens dit que la demande d’asile doit être prise en compte par le premier pays dans lequel les migrants ont été identifiés. Sur six présents à Cherbourg, cinq ont laissé trace de leur passage en Grèce, sans pour autant vouloir y vivre. « Or, la Grèce n’accueille que 0,05 % de demandeurs d’asile en première demande. Il n’obtiendront jamais satisfaction. Nous appelons donc le gouvernement à cesser les transferts vers la Grèce. Dans la convention, un article permet d’y surseoir », plaide Pascal Besuelle tandis que Paul Gaillard en appelle une nouvelle fois à l’Etat : « Ne les livrez pas à Al Quaïda. Ne vous faites pas l’allié des passeurs. »

Plus d’informations dans le journal Ouest-France

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