Une journaliste de Radio Bana est détenue à l’isolement

Reporters sans frontières – Publié le 18 février 2010

Une journaliste de Radio Bana est détenue à l’isolement, un an après son arrestation

La journaliste et essayiste Yirgalem Fisseha Mebrahtu est détenue depuis plusieurs semaines à l’isolement dans la prison de May Srwa (nord d’Asmara), a appris Reporters sans frontières de sources érythréennes crédibles. Le motif de ce traitement spécial est inconnu.

« Une fois de plus, le gouvernement d’Asmara démontre sa cruauté. Sans que personne sache ce qui lui est reproché, Yirgalem Fisseha est sur le point d’achever une année de détention au secret, dans des conditions particulièrement traumatisantes. Nous sommes extrêmement inquiets pour son état de santé. Nous appelons la communauté internationale à réagir et à exiger la libération de cette journaliste et de la vingtaine de ses confrères emprisonnés dans le pays », a déclaré l’organisation.

Yirgalem Fisseha (photo), journaliste pour Radio Bana, a été arrêtée à Asmara, le 22 février 2009, au cours de la rafle qui avait touché l’ensemble du personnel de la station. D’abord conduite à la prison militaire d’Adi Abeito, au nord-ouest de la capitale, elle a ensuite été transférée à May Srwa, tout proche, dans le courant de l’année 2009. L’un de ses collègues de Radio Bana, Bereket Misghina, et le jeune écrivain et poète Meles Negusse Kifu, sont également détenus dans la même prison.

Originaire de la ville d’Adi Keyih, au sud d’Asmara, vers la frontière avec l’Ethiopie, et diplômée de l’Asmara Teachers’ Training College, Yirgalem Fisseha est l’une des rares femmes journalistes en Erythrée. Avant la « suspension » de la presse indépendante, en septembre 2001, la journaliste était critique d’art pour l’hebdomadaire privé Zemen, et collaborait au quotidien d’Etat Hadas Eritrea ainsi qu’au journal Tirgita, proche de la NUEYS (National Union of Eritrean Youth and Students).

Le rédacteur en chef de Zemen, Amanuel Asrat, arrêté le 18 septembre 2001, est actuellement détenu dans le camp pénitentiaire d’Eiraeiro (cellule n°25), comme Seyoum Tsehaye, journaliste freelance (cellule n°10), et Dawit Habtemichael, rédacteur en chef adjoint et cofondateur de Meqaleh (cellule n°12).

Le 11 janvier dernier, Reporters sans frontières avait adressé une lettre à Manfred Nowak, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. « Nous vous exhortons à demander aux autorités un accès aux journalistes emprisonnés afin de vous enquérir de leur état de santé et d’enquêter plus généralement sur les conditions de détention dans le pays. Nous vous demandons également d’exercer une pression suffisante sur le gouvernement d’Asmara pour que les détenus soient jugés ou libérés », avait écrit l’organisation.

Voir la lettre.

Source

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