Zeebrugge : Les ports belges n’ont pas de « jungles »…

La Voix du Nord – samedi 05.12.2009

Les ports belges n’ont pas de « jungles » et feront tout pour les éviter

À Calais, la « jungle »,où dormaient des centaines de migrants, a été fermée. À Loon-Plage et à Grande-Synthe, des campements de fortune perdurent dans des terrains vagues, malgré les destructions régulières. Dans les Flandres, des groupes de clandestins s’accrochent aux aires d’autoroute. Et en Belgique ? Le commissaire Dirk Calemyn, de la police de la navigation, nous décrit la situation.

PAR ESTELLE JOLIVET

dunkerque@lavoixdunord.fr / PHOTOS JEAN-CHARLES BAYON

Un traumatisme traverse encore les esprits des fonctionnaires belges affectés au contrôle des frontières maritimes : la découverte, en 2000, dans le port de Douvres, de 58 Chinois morts asphyxiés dans un camion néerlandais en provenance de Zeebrugge. L’année suivante, huit ressortissants turcs, dont quatre enfants, ont été retrouvés morts dans un conteneur à leur arrivée à Wexford, en Irlande. Eux aussi avaient embarqué à Zeebrugge. « À partir de là, on a compris que la majorité des migrants étaient des victimes, se souvient le commissaire Dirk Calemyn.

Des accidents pareils peuvent se produire tous les jours. On essaie d’éviter ça. » Actuellement, les clandestins présents à Zeebrugge viennent essentiellement d’Inde et d’Afghanistan, plus rarement de Chine. À Ostende, la police intercepte surtout des Maghrébins, dont la présence se fait plus dense depuis deux ans. La surveillance de la police de la navigation se resserre surtout autour de ces deux ports, par lesquels 2 000 migrants ont transité l’an passé. Rien à voir avec le pic observé en 2005 (4 500 migrants sur l’année). Rien à voir, non plus, avec le nombre de clandestins recensés en France : 26 900 dans le Pas-de-Calais et 3 300 dans le Dunkerquois en 2008, selon le commandant Bailly, de la police aux frontières de Lille.

Pour Dirk Calemyn, l’explication se trouve peut-être dans le fait « qu’à Zeebrugge, l’Angleterre n’est pas la seule destination. On a surtout des problèmes sur les lignes vers l’estuaire de la Tamise (quatre heures). La traversée vers Hull, au nord de l’Angleterre, dure douze heures. C’est déjà trop long ».

Contrairement au nord de la France, où des « jungles » ont fleuri suite à la fermeture du centre de Sangatte, en 2002, la police belge dissuade les migrants de stationner trop longtemps sur le littoral. Une mission difficile à Ostende, « où les clandestins peuvent se perdre dans la ville ». À Zeebrugge, au contraire, les 3 000 habitants exercent « un fort contrôle social. Tout le monde connaît tout le monde ». Sitôt repérés, les clandestins sont interceptés. Selon le commissaire de police, ils repartent ensuite vers les grandes villes belges, d’où ils retenteront le passage un peu plus tard. En 2005, pourtant, deux bâtiments désaffectés avaient été squattés par une centaine d’Afghans. Depuis, « on prend soin d’éviter les nuisances à Zeebrugge ». •

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