Ostende : Les migrants présents dans le centre-ville

La Voix du Nord – jeudi 03.12.2009

Les migrants présents dans le centre-ville inquiètent Ostende la touristique

PAR ESTELLE JOLIVET

Ostende, la « perle » du littoral belge, est confrontée depuis deux ans à la présence de migrants en plein centre-ville. Si la fermeture de la « jungle » de Calais n’a pas provoqué d’afflux massif de clandestins, la ville tente de contenir le phénomène. Un centre social gère l’urgence humanitaire.

Situé juste derrière le casino d’Ostende, le centre social Kwiedam est presque devenu exigu. Il accueillait traditionnellement les sans-abri de la ville. Depuis deux ans, des « illégaux » viennent aussi profiter de la salle de rencontres, ouverte quatre après-midi par semaine. Des groupes de 20, 30 voire 50 jeunes hommes, originaires du Maghreb, tuent le temps en attendant d’embarquer vers l’Angleterre sur l’une des huit liaisons quotidiennes vers Ramsgate.
« Leur présence n’est pas une bonne réclame »

« La situation ici est atypique, explique Dirk Soenen, le responsable des travailleurs sociaux du centre, qui dépend d’une organisation privée, le CAW, subventionnée par le ministère flamand de la Santé. Le port est à côté de la gare, elle-même située en plein centre-ville. C’est comme ça que les illégaux ont trouvé la salle de rencontres. » Un petit salon pour les fumeurs permet de discuter au sec.

Une salle de jeux avec billard, baby-foot, et un bar où le café est à 20 centimes et où les cigarettes se vendent à l’unité, dessinent l’ambiance cosy voulue par les travailleurs sociaux de Kwiedam. Leur mission s’est, de fait, élargie : « Ils vivent dans la rue. Eux aussi ont droit à un petit service humanitaire », considère Dirk Soenen.

L’an passé, pourtant, une réunion avec la municipalité et la police a tourné au vinaigre pour Kwiedam, qu’on accusait de créer un appel d’air pour les migrants à Ostende. « Ici, une grande part des revenus provient du tourisme et leur présence n’est pas une bonne réclame », soupire Dirk Soenen. À Calais et à Dunkerque, où les campements de fortune se dressent plutôt en périphérie, les migrants sont moins visibles au quotidien.

Un compromis a tout de même été trouvé : « On prend en charge l’humanitaire et les policiers s’engagent à ne pas venir au centre », ce qui n’empêche pas les arrestations en pleine rue et dans les nombreux squats improvisés dans les parcs ou dans les maisons vides, « y compris dans des résidences secondaires meublées », précise le commissaire Rayée, de la police d’Ostende. « Il y a 60 000 habitants à Ostende. Il est plus facile de s’y cacher que dans une petite ville comme Zeebrugge », estime Dirk Calemyn, commissaire de la police de la navigation. Si la fermeture de la « jungle » de Calais a fait craindre aux autorités un afflux de migrants sur la côte belge, ils ne sont finalement guère plus nombreux qu’avant, environ 2 000 personnes par an dans ces deux ports distants d’une vingtaine de kilomètres.

Les clandestins savent en tout cas qu’il ne fait pas bon venir à Ostende en été : « Il y a trop de contrôles, la police croit qu’on va voler les touristes », lâche un migrant algérien venu passer l’après-midi à Kwiedam. « Moi, je suis arrivé ici il y a 25 jours , raconte Nouryn, 17 ans, originaire d’Alger. On dort toutes les nuits dans des endroits différents. » Nouryn était ouvrier en Espagne, dans une usine de boîtes pour cosmétiques. Avec la crise, son permis de séjour n’a pas été renouvelé. Il rêve désormais d’un boulot, « n’importe lequel », outre-Manche.

Source

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s