Dans le TGV Milan-Paris

AFP – 08/12/09

De Mié KOHIYAMA

Dans le TGV Milan-Paris, la police à la recherche des clandestins


A BORD DU TGV MILAN/PARIS — Dans le TGV Milan-Paris, policiers français et italiens partent régulièrement à la recherche d’éventuels clandestins lors de leur périple à travers l’Europe, un « filtre » qui intercepte plusieurs milliers de personnes chaque année.

Cinq policiers français et deux de leurs homologues italiens, simples observateurs, inspectent le train. Ils ont une demi-heure pour repérer les immigrés illégaux entre la gare italienne de Bardonecchia et Modane, en Savoie.

Premier contrôle, première interpellation: « Vous n’êtes pas en règle pour entrer en France », dit l’un d’eux à un ressortissant marocain, simplement muni d’une photocopie de passeport et d’une demande de permis de séjour.

Ce dernier suit les policiers sans opposer la moindre résistance. Direction le poste de la Police de l’Air et des Frontières (PAF) à Modane.

« Les personnes que nous interpellons à la frontière franco-italienne sont souvent résignées car elles ont déjà franchi moult frontières. Pour elles, c’est une sorte de fatalité », observe le commandant Olivier Vinzent.

Plus loin, la patrouille franco-italienne est soumise au cas litigieux d’un Ivoirien muni d’une déclaration de perte de son titre de séjour.

« Ca fait 18 ans que je vis en Italie, je viens en France pour me faire soigner », se lamente l’homme, soutenu par des béquilles, devant un policier italien plutôt dubitatif.

« Il est détenteur d’une carte d’identité italienne. Il est visiblement en règle. On va parier sur sa bonne foi », tranche un brigadier français, Alexandre Bliard, jugeant que l’état de santé du voyageur complique en outre sa sortie du train.

Face à des situations humanitaires difficiles, « on se met parfois à la place des gens. Une fois, j’ai eu un gros doute sur l’authenticité des papiers d’une femme qui voyageait avec un bébé de deux mois. Je me voyais mal la faire sortir sur le quai », admet de son côté la directrice départementale de la PAF de Savoie, Myriam Akkari.

Ce jour-là, sont interpellées sept personnes en situation irrégulière, dont le Marocain muni d’une simple photocopie de passeport, mais aussi un de ses compatriotes, en règle mais soupçonné de servir de passeur, ainsi qu’un Tunisien, trois Pakistanais et une Nigérienne.

« Une soirée normale » selon Mme Akkari, Modane étant le cinquième lieu de transit des clandestins en France, derrière Roissy, Lille, Vintimille et Perpignan.

« Nous sommes le premier filtre sur la route de Calais », où convergent essentiellement des Marocains, Tunisiens, Afghans, Irakiens ou Pakistanais fuyant « une situation économique difficile ou des conflits » dans l’espoir de rejoindre la Grande-Bretagne, ajoute-t-elle.

Les patrouilles franco-italiennes ont été mises en place en 2004 plusieurs fois par mois dans les trains et sur la route, dans l’objectif de renforcer l’efficacité des contrôles.

Chaque année, la PAF de Savoie interpelle en moyenne 4.000 clandestins, dont la majorité est remis aux autorités italiennes. Les autres font l’objet d’un arrêté d’expulsion.

Les autorités françaises estiment entre 200.000 et 400.000 le nombre d’immigrés clandestins en France. En 2008, près de 30.000 immigrés illégaux ont été reconduits à la frontière, contre 23.200 en 2007.

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