Tatinghem : Un accueil d’hiver pour les migrants va ouvrir

La Voix du Nord – mercredi 02.12.2009

Un accueil d’hiver pour les migrants va ouvrir en fin de semaine à Tatinghem

Installés jusqu’à présent dans un terrain vague aux Chartreux à Longuenesse, …

les migrants disposeront, à partir de vendredi, d’un point d’accueil, à Tatinghem.

L’hiver dernier, à l’occasion d’une baisse sévère des températures, la communauté d’agglomération de Saint-Omer (CASO) avait ouvert une salle près de la mairie d’Arques. Il s’agissait d’un accueil de nuit, pas forcément adapté aux mouvements des migrants qui, souvent, profitent de l’obscurité pour essayer de rejoindre l’Angleterre.

C’est en tant qu’élu de la CASO qu’Alain Strobbe, lundi, a présenté ce qu’il ne faut pas appeler un « camp », le terme étant négativement connoté, mais un « accueil hivernal ».

Après avoir étudié plusieurs sites, la CASO a porté son choix sur une parcelle de quarante mètres sur quinze à côté de la déchetterie de Tatinghem. Il appartient au syndicat mixte Lys Audomarois (SMLA) ce qui constitue quasiment un symbole pour Alain Strobbe qui note que « C’est le pays de Saint-Omer qui accueille ».

« Ce qu’on va faire est parfaitement connu de la sous-préfecture, de la police, de la gendarmerie. C’est discret et ça ne doit pas apporter un trouble à l’ordre public. On ne les loge pas, on les abrite », précise Nicolas Pierrard. Dans le choix de ses mots, le président de la section audomaroise de la Croix-Rouge illustre bien la subtilité et la prudence dont doivent faire preuve ceux qui vont aider les migrants.

« Il y a un aspect humain auquel on ne peut pas échapper, même si parfois on peut être considéré hors-la-loi. Les membres des associations ont le devoir de se protéger tout en portant aide », note Jean-François Chaumette, le directeur d’Emmaüs.

« L’action de terrain de tous les jours a fait bouger les lignes, notamment du côté de M. Besson. Quand on fait une action clairement, on ne doit pas être inquiété », pense le président de la Croix-Rouge. « Ce ne sera pas un Hilton, mais ça sera moins mal pratique. On ne veut pas que les gens restent aux Chartreux mais on ne veut pas un Sangatte bis », précise-t-il.

L’équipement du terrain à côté de la déchetterie se fera en fonction du matériel dont pourront disposer les associations humanitaires du secteur. « On n’ira pas au-delà de vingt personnes », note Gilles Louf, le maire de Tatinghem. « Cet accueil est prévu jusqu’au 15 avril, après, on verra », ajoute Alain Strobbe.

La maison d’accueil et d’hébergement de la région audomaroise (MAHRA) pourra aussi apporter sa contribution. En cas de déclenchement de ce qu’on appelle le niveau 2 (température égale ou inférieure à – 6°). Par le biais d’un accueil d’urgence de quatre places pour les demandeurs d’asile. « Quelle que soit la situation, les personnes dehors seront mises à l’abri », précise son directeur.

L’avenir de cet accueil dépendra aussi de ce qui pourrait voir le jour dans les ports de la région pour les migrants, en fonction notamment d’accords avec l’Angleterre. Sans compter sur une hypothétique amélioration de la situation en Afghanistan d’où viennent la plupart des migrants qu’on trouve dans l’Audomarois. •

JEAN-MARC SZUBA

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