« Certains prennent le risque d’ouvrir les camions »

L’avenir de l’artois – jeudi 15.10.2009

« Certains prennent le risque d’ouvrir les camions, mais il n’y a pas de mafia »

« Nous ne sommes pas là pour protéger les passeurs, mais ce qui est arrivé, c’est n’importe quoi ! » Lily Boillet, présidente de l’association Terre d’errance, est scandalisée par l’arrestation des trois Erythréens et leur condamnation à six mois de prison.

Première raison, selon la présidente : « Ils n’ont même pas attrapé les bons ! D’après ce que nous ont raconté les migrants, ils étaient une dizaine à l’arrière d’un camion lorsque les gendarmes sont intervenus. Ça a été la pagaille et les gendarmes en ont pris trois au hasard. D’ailleurs, les trois condamnés peuvent prouver leurs nombreuses tentatives de passage, avec les arrêtés de reconduites à la frontière qui leur ont été délivrés. Mais rien n’est retenu à décharge. » Lily Boillet estime que cette opération n’est qu’un coup médiatique destiné à préparer le terrain avant la destruction du camp de Norrent-Fontes : « Les trois interpellés ont aussitôt été qualifiés de « passeurs » par les autorités, on parle de violence, mais toute cette campagne vise à justifier la destruction du camp. Les migrants savent qu’ils ne doivent pas se battre mais appeler la gendarmerie lorsqu’il y a un problème. C’est arrivé six ou sept fois depuis le début de l’année ! Récemment, ils ont livré aux gendarmes des Viêtnamiens qui étaient venus pour « récupérer » l’aire d’autoroute. La semaine dernière, c’étaient deux Irakiens… Les autorités jouent les pompiers pyromanes : elles laissent les migrants dans des situations terribles et ensuite se plaignent que leurs conditions de vie ne sont pas saines et que des tensions apparaissent. » Lily Boillet rejette toute existence d’une « mafia » au camp de Norrent-Fontes : « Nous avons été les seuls à nous débarrasser des passeurs appartenant à des réseaux mafieux. Ici, ce sont des clandestins qui arrivent pour passer en Angleterre et certains décident de prendre le risque d’ouvrir les camions. Ils sont payés pour ça (et encore pas toujours) mais n’ont pas le sentiment d’appartenir à une mafia car ils ne forcent personne, il n’y pas de racket ou de violence. Il n’existe pas de réseau, ça se fait spontanément. De toute façon, les migrants n’ont pas le choix : ils veulent passer en Angleterre.
D’ailleurs, même en admettant que les gendarmes aient attrapé des passeurs, ça ne résoud rien : le soir même d’autres tentaient leur chance. Pendant combien de temps va-t-on ainsi harceler les migrants sans s’attaquer au fond du problème ? »

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