Communiqué de l’association Terre d’Errance

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Communiqué de l’association Terre d’Errance

Avec l’annonce de l’interpellation de migrants érythréens sur l’aire de St Hilaire Cottes, aussitôt qualifiés de « passeurs » par les autorités et les médias, l’association Terre d’Errance constate que, depuis l’affaire Clearstream, la présomption d’innocence a bel et bien été enterrée.
Les 3 hommes interpellés hier devraient être jugés aujourd’hui en comparution immédiate, comme se doit de le faire une justice expéditive.

Ces 3 hommes ont été, selon leurs 20 camarades encore présents au camp de Norrent-Fontes, les seuls à être arrêtés parmi une dizaine de candidats au départ vers l’Angleterre présents autour du camion salvateur ce soir-là. Tous se posent la question: « pourquoi ceux-là, dans ce cas » ?
Ces trois hommes peuvent faire la preuve de multiples tentatives de passage, comme, pour certains, de tentative de demande d’asile en France. Mais l’accueil réservé en France aux réfugiés est tel qu’ils ont dû continuer cette vie « dans la jungle », cette vie dans l’impasse, poussés vers l’Angleterre mais bloqués à ses frontières.

Les autorités, par cette nouvelle opération, persistent sur la voie de la répression plutôt que de la réflexion. Elles s’acharnent à criminaliser les populations migrantes au lieu de rechercher des solutions durables.

Malgré les appels incessants des associations les plus proches de la question, l’État s’obstine à servir à la population le mensonge selon lequel les passeurs seraient à l’origine de la présence des migrants, à désigner, par force de propagande, le symptôme comme source du phénomène.

Pour que cesse le phénomène migratoire tel qu’il existe dans le Calaisis et que les prisons locales ne se remplissent pas de jeunes gens, qui, mieux accueillis, auraient eu un tout autre destin, l’association Terre d’errance exhorte une nouvelle fois l’État :

  • à abroger le règlement Dublin 2, afin que les demandeurs d’asile puissent effectivement demander l’asile ;
  • à réformer le système afin qu’il leur soit possible de déposer leur demande d’asile là où ils se trouvent et pour le pays de leur choix ;
  • à laisser à tous les réfugiés statutaires européens la liberté de circuler et de s’installer ;
  • à faire pression sur l’Angleterre pour qu’elle cesse sa politique « du beurre et de la crémière » en n’entrant pas dans l’espace Schenghen mais en appliquant le règlement Dublin 2 afin de renvoyer, à loisir et aux dépens du contribuable, les réfugiés dans leur premier pays d’accueil.

L’association alerte également sur le fait que les condamnations sont de plus en plus régulièrement accompagnées d’interdiction du territoire français et européen de plusieurs années, ce qui a pour unique conséquence de condamner à la clandestinité des gens inexpulsables. Ces politiques, relayées par les jugements des tribunaux, contribuent à la création d’un nouveau corps social : des errants administratifs, corvéables, harcelables à merci.

Association Terre d’Errance

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