Les opérations de police se sont poursuivies, mercredi à Calais

Article AFP – 2009-09-30

Les opérations de police se sont poursuivies, mercredi à Calais, contre les migrants en situation irrégulière toujours nombreux en ville, une semaine après le démantèlement de la « jungle ».

Sur le quai de la Moselle où des associations distribuent quotidiennement des vivres aux migrants regroupés par petits groupes autour du canal, les regards sont méfiants. « Il y a beaucoup de pression de la part de la police », explique Charles Framezelle, membre du collectif C-Sur. Selon lui, les interpellations ont lieu surtout au petit matin, car « c’est plus facile d’attraper les migrants pendant qu’ils dorment ».

Mercredi, la police a ainsi arrêté à l’aube douze Erythréens et Soudanais en situation irrégulière.

« On ne comprend pas à quoi ça sert. De toutes façons, les mecs reviennent dès qu’ils en ont l’occasion, ils n’ont nulle part ailleurs où aller », indique M. Framezelle.

Selon les associations humanitaires, sur environ 800 migrants présents en juin dans la « jungle », environ 250 seraient déjà revenus à Calais, depuis la fin de la destruction de leur principal campement. Les migrants, qui ne renoncent pas à leur rêve de passer en Angleterre, reconstruisent des abris de fortune dans les dunes ou derrière des hangars abandonnés, parfois à quelques centaines de mètres de leurs anciens campements.

« Il y a beaucoup moins de migrants à Calais. Dire que les migrants sont revenus est complètement faux », assure le préfet du Pas-de-Calais, Pierre de Bousquet de Florian. Selon lui, leur nombre a chuté de plus de 1.200 dans la région au printemps à moins de 400 aujourd’hui, sous l’effet de la pression policière.

La situation est devenue « moins insupportable » pour les habitants, dit-il, même s’il reconnaît des « tensions », notamment avec les passeurs dont « le métier est devenu beaucoup plus compliqué ».

L’intervention régulière des forces de l’ordre – un démantèlement de squat ou de campement par semaine en moyenne depuis le printemps – est ressentie par les migrants comme un harcèlement absurde.

« Les policiers m’ont arrêté le 22 septembre puis conduit jusqu’à Rennes, mais je suis revenu », raconte Alokze, 17 ans, qui dit avoir marché quatorze heures, puis pris deux trains, pour rentrer à Calais. « Rien que la nuit dernière, j’ai été arrêté quatre fois, puis chaque fois relâché. On ne comprend pas ce qu’ils cherchent », ajoute-t-il, en guettant une voiture de police qui fait demi-tour au coin de la rue.

Selon la préfecture, sur 131 majeurs arrêtés dans la « jungle », 90 ont été relâchés, soit « le taux moyen habituel au niveau national de personnes libérées après des procédures juridictionnelles ».

« L’Etat n’a pas de solution, alors ils arrêtent les gens juste pour dire qu’ils font quelque chose », affirme Jack, un militant de No Border, qui tente d’organiser une grève de la faim des migrants.

M. de Bousquet de Florian affirme que la finalité des autorités « est de détruire des campements, des zones de non droit, pas de procéder à des interpellations ».

Outre une moindre présence des migrants à Calais, il constate que « les filières (de passeurs) commencent à se réorganiser » ailleurs. « On en a repéré en Belgique, au Danemark, jusqu’en Suède et en Norvège », souligne-t-il.

« Bien sûr que le nombre des migrants a diminué depuis la fin de la +jungle+. Mais la première vague de ceux partis en centre de rétention est déjà revenue. C’est toujours les mêmes visages que l’on voit ici », témoigne Nadine, qui leur sert quotidiennement des repas pour l’association La Belle Etoile.

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