La maire d’Angres : « Je ne pouvais pas les laisser dormir à la belle étoile »

La Voix du Nord – vendredi 11.09.2009

La maire d’Angres : « Je ne pouvais pas les laisser dormir à la belle étoile »

Maryse Roger-Coupin, maire d’Angres, nous livrait hier matin son sentiment sur les migrants clandestins Vietnamiens qui ont été chassés du terrain qu’ils occupaient près de l’autoroute, mardi matin. Interview.

Vous êtes une élue de la République. Ça n’a pas été difficile de laisser un camp s’installer sur votre commune alors que les Vietnamiens sont clandestins ?« Je n’ai pas d’état d’âme quand il s’agit d’une urgence humanitaire. La mairie, c’est la maison commune. Il est écrit sur les frontons des mairies « liberté, égalité, fraternité ». J’ai appliqué la devise de la République. En tant qu’élue et en tant qu’être humain, je ne pouvais pas laisser dormir ces personnes à la belle étoile. J’ai mis à leur disposition une salle et des sanitaires. »
Quel sentiment vous inspire cette situation ?
« On est face à l’absurdité du système. On interpelle des gens, on rase le camp et puis on les relâche dans l’après-midi pour certains, dans la nuit à 1 h 30 pour les autres. J’ai été profondément choquée quand le directeur de la sécurité publique (Yves Monard, patron de tous les policiers du Pas-de-Calais), mardi après-midi, est venu nous voir et a demandé aux bénévoles s’ils avaient une solution de relogement pour les Vietnamiens. On peut s’interroger sur la mobilisation des forces de l’ordre (82 policiers et gendarmes ) pour arrêter les migrants et la mobilisation pour arrêter les racketteurs des migrants (qui les ont agressés dans la nuit de jeudi à vendredi, la semaine dernière). Ce qui a profondément choqué les bénévoles c’est l’important dispositif déployé pour arrêter des gens paisibles alors qu’après l’attaque, ils étaient quatre policiers à aller sur les lieux. » • S. R.

Soutien aux Vietnamiens
Peu de gens jusqu’ici ont soutenu officiellement les migrants vietnamiens qui ont été délogés de leur camp à Angres. Parmi ces rares soutiens, le syndicat FSU. Les enseignants de la section académique du SNES dénoncent ce qu’ils résument à « une vaste hypocrisie du système policier et/ou politique ». Le syndicat demande aux autorités de leur offrir des conditions de vie dignes de ce nom en attendant un règlement de leurs problèmes.

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