L’Erythrée devra indemniser l’Ethiopie pour le conflit de 1998-2000

LE MONDE | 19.08.09

L’Erythrée devra indemniser l’Ethiopie pour le conflit de 1998-2000

Une commission internationale d’arbitrage a rendu publique, mardi 18 août, sa sentence et accordé à l’Ethiopie des compensations financières légèrement supérieures à celles obtenues par l’Erythrée au titre de la guerre qui avait opposé les deux pays entre 1998 et 2000. Annoncée mardi à La Haye (Pays-Bas) mais communiquée la veille aux deux protagonistes, la sentence précise que 174 millions de dollars (123 millions d’euros) sont dus à l’Ethiopie par l’Erythrée et qu’inversement, Addis-Abeba doit 163 millions de dollars à Asmara. Les sommes couvrent les pertes humaines et les destructions de biens subies de part et d’autre au cours du conflit frontalier qui aurait fait, selon les estimations, près de 100 000 victimes. « Si la compensation accordée à chaque parti est substantielle, il est probable que chacune des parties pensera qu’elle aurait dû recevoir beaucoup plus », estime la commission.

La procédure arbitrale était prévue par les accords d’Alger de 2000 qui mirent fin au conflit, et chacune des deux parties s’était engagée à en respecter les conclusions. C’est ce qu’elles ont fait. L’Ethiopie a dit sa satisfaction de voir que l’Erythrée, auteur d’une « agression » contre son voisin, était le pays le plus sévèrement sanctionné par les membres de la commission arbitrale.

Mais la différence entre les deux sommes est faible « au regard de la gravité du crime (commis par l’Erythrée) », nuance un communiqué du ministère éthiopien des affaires étrangères.

De son côté, l’Erythrée, qui a conquis son indépendance en 1993 après trente années de guerre contre l’Ethiopie, avait fait savoir, avant même l’énoncé de la sentence, qu’elle s’y conformerait en tout état de cause. Asmara va donc verser le solde (11 millions de dollars) à Addis-Abeba.

Les autorités érythréennes entendent ainsi ne pas se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de la commission qui, il y a plusieurs années, avait jugé – en vain – que la ville frontalière de Badmé, occupée par l’Ethiopie, devrait être rendue à l’Erythrée. Depuis, la tension entre les deux pays reste vive.

Dans son argumentaire, l’Ethiopie réclamait à Asmara 14 milliards de dollars au titre des dommages occasionnés par la guerre, soit plus du triple du produit national brut (PNB) de l’Erythrée, l’un des pays les plus pauvres du continent africain. De son côté, Asmara avait évalué à 6 milliards de dollars le montant du préjudice subi.

Les juges, dans leur sentence, ont bien pris soin d’établir un équilibre presque parfait entre les deux Etats adverses. Ils sont condamnés pareillement pour avoir maltraité les prisonniers et les populations civiles en leur refusant, notamment, l’accès aux soins et en détruisant leurs habitations.

Jean-Pierre Tuquoi

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