Gale à Calais: sursaut de la préfecture

Rédaction | Solène Cordier | 14/08/2009

Gale à Calais: sursaut de la préfecture

Des mesures ont été prises pour guérir les migrants victimes de l’épidémie. Une opération « coup de poing » des associations était prévue.

Un exemple d’action réussie de lobbying associatif? Le 11 août, la préfecture a annoncé avoir mis à la disposition des quelque 1000 à 1200 migrants transitant à Calais… quatre douches et une « unité de traitement sanitaire d’urgence ». Depuis le mois de juin, les associations locales alertaient en effet l’Etat sur l’épidémie de gale qui sévit actuellement dans ce qu’on appelle « la jungle », cet espace en bordure de la ville où vivent les migrants en attente de trouver un moyen de passer clandestinement en l’Angleterre.

Un concours de circonstances bien pratique
Une situation alarmante au point qu’une opération « coup de poing » était prévue à partir du 17 août par un collectif d’associations, Médecins du Monde (MDM) et Médecins sans Frontières (MSF) notamment. Devant le silence des autorités, prévenues à plusieurs reprises, plusieurs dizaines de personnes devaient être réquisitionnées, une tente installée pour soigner les malades et une opération de sensibilisation prévue. A l’image de l’opération menée à Paris par MSF au mois de juin, pour les mêmes raisons.
Mais surprise, une semaine avant le lancement de l’opération, la préfecture a donc annoncé la réquisition de douches et l’installation d’une tente de décontamination, coupant ainsi l’herbe sous le pied aux associations. « Aucun rapport », se défend-on à la préfecture. Les associations, qui ont du coup suspendu leur initiative, ont du mal à croire au concours de circonstances, mais le ton est à la prudence.

Les associations mi-figue mi-raisin
« C’est très bien que l’Etat se saisisse enfin du problème », indique Jean-François Corty, responsable mission France de MDM. Mais l’insuffisance et la pérennité du dispositif inquiètent. « Concernant la prise en charge médicale, nous sommes satisfaits », confirme Laura Brav, qui occupe le même poste chez MSF. Mais « toute intervention d’urgence n’aura eu aucun sens si des décisions sur le long terme ne sont pas prises », prévient-elle.

Difficile d’obtenir des estimations précises du nombre de migrants atteints par la gale. Elles varient entre 200 – côté préfecture- et 700 à 800 pour les associations. Le dispositif de la préfecture devrait permettre d’éradiquer les cas connus de cette maladie de la peau, très contagieuse.

Un « dispositif durable » nécessaire
Mais des mesures supplémentaires sont nécessaires, d’après MSF. Par exemple, la mise à disposition de douches supplémentaire et de points d’eau permettant aux migrants de laver leur linge. Et également le renforcement du personnel de la PASS*, saturée jusqu’à l’intervention récente de la préfecture. Laquelle assure réfléchir à un dispositif durable. Nul doute que les associations locales veilleront à ce que les promesses ne restent pas lettre morte. L’opération « coup de poing » pourrait n’être que différée.

* Permanence d’accès aux soins de santé

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