No Border : « Nous ne sommes pas des anarchistes »

Article Nord Littoral – lundi 15.06.2009

No Border : « Nous ne sommes pas des anarchistes »

Les no-borders disent ne pas comprendre la psychose qui s’installe autour d’eux

L’annonce d’un camp No Border à Calais entretient un climat étrange. L’État fait appel à de grands renforts policiers. La municipalité reporte ses manifestations. Les no-borders ne se disent pourtant « pas méchants »

Ils sont huit. Tous d’allure estudiantine et au look des plus variés : cheveux courts, cheveux longs, chemise dans le pantalon, tee-shirt détendu.

.. A priori, rien de menaçant. C’est pour « rétablir la vérité à leur sujet » que les no-borders consentent à exprimer leurs intentions avec des mots tout aussi panachés. Trois ne le feront qu’en anglais. Certains exhalent une douce rêverie humaniste. D’autres une franche détermination idéologique.

C’est quoi No Border ?
« Nous ne sommes pas « un groupuscule associatif international de sensibilité anarchiste ». Nous sommes une organisation horizontale.
– Au sein de la coordination nous travaillons par groupes spécifiques, en fonction de nos expériences, des expériences que nous avons des camps No border précédents. » Comment intègre-t-on le mouvement ?
« Par internet ou grâce à la tournée d’information. Dans de nombreuses villes de France se tiennent des réunions où on peut échanger. »

Pas besoin d’être coopté ?
« Non. Ça ne se passe pas comme ça. Parmi les gens qui organisent le camp il y a des personnes que je n’ai vues que deux fois… Notre but est d’échanger des idées, de partager. Par exemple on ne trouve pas normal que la libre circulation ne s’applique qu’aux biens alors qu’on est persuadé que la première richesse ce sont les personnes. Les frontières ne profitent qu’aux riches. Ce n’est pas normal. »

C’est quoi un camp No Border ?
« C’est un village autogéré. Nous travaillons à sa création depuis six mois par groupes spécifiques avec par exemple une équipe médicale, une équipe juridique, une équipe logistique, etc. Le camp aura lieu du 23 au 29 juin avec une manifestation le samedi 27. Notre but est de créer un espace de rencontres entre tous, migrants, Calaisiens, non Calaisiens, Français, étrangers… – C’est important de dire que le village No border est ouvert. Véritablement ouvert à tous, ouvert à la discussion.
– Le camp est également monté de façon écologique sans impact négatif sur l’environnement. »

Pourquoi ce camp à Calais ?
« Franchement nous ne comprenons pas qu’on puisse nous poser cette question. Calais est le symbole emblématique des problématiques migratoires. La situation calaisienne est imposée par les frontières. Nous voulons alerter les gens sur ce qui se passe. Nous sommes indignés par les injustices qui contraignent les gens à quitter leur pays.
– Les associations locales mènent une action humanitaire. C’est très bien. Nous, nous entendons mettre l’accent sur l’aspect politique. »

Avez-vous une idée du nombre de personnes que vous attendez au camp ?
« Aucune. Plusieurs centaines j’espère. Les estimations sont données par les médias et la police. »


Où se tiendra le camp ?

« Nous avons fait plusieurs demandes auprès des autorités et des collectivités territoriales. Nous n’avons reçu aucune réponse positive. On nous renvoie vers la sous-préfecture. Nous sommes en négociation.
– On avait l’accord pour utiliser l’aire de grand passage sur le terrain d’accueil intercommunal des gens du voyage. Aujourd’hui on apprend que des gens du voyage ont sollicité ce terrain. Étant donné notre état d’esprit et nos positions vis-à-vis des populations marginalisés, nous ne pouvons décemment pas accepter de dresser le camp sur ce terrain. »

N’avez-vous pas l’impression que les portes se referment brusquement devant vous actuellement ?
« Nous militons pour l’abolition des frontières et clairement nous ne nous attendions pas à être accueillis les bras ouverts. Nous avons cependant bon espoir que tout se passe bien.
– Notre objectif est d’expliquer les choses. C’est vrai que quand on dit ça, on n’a pas bonne presse. Nous sommes pourtant des gens organisés, des gens sérieux. »

Le maire a décidé de reporter plusieurs manifestations, des festivités, un conseil municipal…
« C’est une décision qui nous dépasse. On ne comprend vraiment pas pourquoi.
– C’est d’ailleurs dommage d’annuler des festivités car nous sommes ouverts à l’extérieur et à l’échange.
– Les médias et les autorités créent une psychose autour de notre camp. Ce que nous ne comprenons vraiment pas. » Des renforts policiers sont attendus pendant votre camp.
« Ça ne nous fait pas peur.
– Si. Moi ça me fait peur. J’ai lu un article de presse qui commence par « peur sur la ville » (notre édition du 12 juin) et sincèrement je ne comprends pas. Peur de quoi ? Nous venons simplement pour partager.
– C’est ce dispositif policier qu’il est prévu de déployer qui crée la psychose et qui nous fait peur, à nous aussi. »

Peur des Blacks Blocks1 par exemple.
« On a des vidéos sur laquelle on voit des personnes habillées en Blacks Blocks qui franchissent les cordons de CRS, retirent leur sweat noir et enfile un brassard « police » ! On les a ces vidéos. Le scandale c’est qu’on a laissé brûler un hôtel parce qu’on préférait protéger Sarkozy plutôt qu’aller éteindre l’incendie… – Le scandale c’est surtout que quelqu’un a mis le feu à l’hôtel et au bâtiment des douanes !
– Les douanes on sait très bien qui est-ce qui y a mis le feu et ce n’est pas les manifestants… – La violence n’est pas forcément là où on l’attend. C’est l’État autoritaire du tout sécuritaire qui crée la peur.
– Nous, on vient avec nos sacs à dos et en face on nous met une armée de CRS avec des flashballs. Franchement, ça nous fait peur. »

No Border est une organisation horizontale. Du coup est-ce que le risque n’est pas de voir se greffer des électrons libres, casseurs et autres personnes incontrôlables ?
« On ne peut parler qu’en notre nom propre. On ne peut pas parler à la place des autres. Si des groupes radicaux se greffent à nous on ne peut pas répondre à leur place. »

Propos recueillis par A.TH.

1 Les Blacks Blocks se sont fait connaître du grand public en avril dernier, lors des manifestations anti-Otan à Strasbourg. L’image véhiculée est celle d’un groupuscule anti-impérialiste d’une quarantaine de membres prêts à en découdre, favorables au recours à la violence pour lutter contre le système.

Nord Littoral

Source

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2 commentaires sur “No Border : « Nous ne sommes pas des anarchistes »

  1. Que de connerie raconté sur les no border,moi personnellement j’ai vu des jeunes qui ont ete pris pour des casseurs ,alors qu’il y’avait des jeunes super cool,pacifique et surtout bien entouré.Mais pas de probleme Madame Bouchard va nous trouver une taxe speciale pour payer le dispositif mis en place.

    2000 a 2500 policiers pour 500 jeunes ?? Mais ou va t’on la ?? Encore une crise passagere de nos chers politiciens appeurés ???

    Pauvre Calais,je reve d’un Calais ou Calais serait vraiment Calais.La c’est mal barré.

  2. Bonsoir,
    Il faut protéger les familles, les enfants, les pauvres gens, les filles… Les passeurs sont des criminels. Si la France accepte ne serait-ce qu’un peu ces réfugiés ce sera un afflux et par exemple des centaines de filles dans les réseaux de prostitution pour payer les dettes de papa/maman aux passeurs… Je connais très bien tout cela, il faut investir dans l’avenir avec zéro de tolèrance pour vraiment les aider, et parallèlement vraiment aider ces pays au développement. René

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