PASS de Calais : à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels

Collectif Interassociatif Sur la Santé

PASS de Calais : à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels

Récemment, Eric Besson, ministre de l’immigration, s’est rendu à Calais pour prendre connaissance sur le terrain de la situation des migrants en transit dans l’espoir de rejoindre la Grande-Bretagne. Cependant, il a soigneusement évité de se rendre dans la permanence d’accès aux soins de santé (PASS), témoin très (trop ?) privilégié de l’état médical et sanitaire déplorable de cette population…

Les médecins de la PASS s’alarment de soigner de plus en plus de maladies telles que la galle, des prurits(1) ou des furonculoses(2), inobservées en France depuis des dizaines d’années. D’autant que ces maladies, les migrants ne les ramènent pas de leur pays d’origine, non ils les développent sur notre territoire tant leurs conditions d’existence y sont inhumaines :

– un accès extrêmement limité à une eau propre à la consommation ;

– un accès illimité à une eau au taux de toxicité très élevé ;

– des abris de fortune … qui plus est mis à mal par les interventions répétées des forces de l’ordre ;

– un accès à la nourriture extrêmement compliqué ;

– un climat de violence permanent.

Avec la politique d’extrême fermeté concernant l’accès à l’aide médicale d’Etat (AME) destinée aux étrangers en situation irrégulière, quasiment aucun des 800 migrants ne bénéficie d’une protection sociale. Les migrants sont peu enclins à engager des démarches qui peuvent conduire à la dénonciation de leur situation à la préfecture de police comme nous le dénoncions dans notre mauvais point du 3 mars 2009.

Le seul accès à la santé des migrants reste donc la PASS qui accueille toutes les personnes dépourvues de protection sociale. Celle-ci est contrainte de faire face, en prenant en charge les patients les plus graves dans l’urgence, sans pouvoir mettre en place d’actions de prévention ou de suivi. Une fois les problèmes aigus traités, la PASS n’a pas d’autres choix que de renvoyer prématurément les patients, faute de place.
Pour assurer l’indispensable suivi thérapeutique élémentaire, il faudrait que la PASS puisse bénéficier de « lits tampons » qui permettraient aux patients de rester quelques jours de plus afin de récupérer. Il faudrait aussi mettre en place des PASS mobiles qui puissent aller sur le terrain à la rencontre de ces populations à la dérive. Actuellement, le manque de moyen empêche toute possibilité de ce type.
Il est maintenant urgent de tenir compte du contexte exceptionnel de Calais et d’attribuer à cette PASS des moyens exceptionnels ! Il s’agit pour la France d’une exigence humanitaire indéniable auprès des populations migrantes directement concernées, mais aussi d’un enjeu non moins évident de santé publique pour l’ensemble de la population locale !
Des moyens exceptionnels à attribuer ailleurs également, car Calais n’est pas le seul « lieu d’accueil » de migrants en quête de Grande-Bretagne, de nombreuses villes côtières sont concernées : Dunkerque, Cherbourg, Roscoff mais également Paris, du côté de la gare de l’Est, le sont aussi.

Donner d’énormes moyens à la répression de ces populations est discutable, ne donner quasiment aucun moyen à leur prise en charge sanitaire est inadmissible voire criminel ! Il est urgent de rendre l’AME plus accessible et de développer les PASS !

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1/ Vive démangeaison causée par une affection cutanée.
2/ Regroupement dans un endroit du corps de plusieurs furoncles.

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