La pression s’accentue sur la « jungle » de Calais

LE MONDE | 20.05.09

La pression s’accentue sur la « jungle » de Calais

Il règne à Calais une ambiance de « drôle de guerre » depuis que le ministre de l’immigration, Eric Besson, a annoncé le 23 avril vouloir « démanteler » et « faire disparaître », d’ici à la fin de l’année, la « jungle ». Sur cette zone de terrains boisée, proche du port, où trouvent refuge des centaines de migrants – près de 450 actuellement – attendant de trouver un camion pour traverser la Manche, la vie suit son cours.

Début mai, la maire a fait installer un point d’eau à l’entrée. Les migrants y ont même construit une mosquée et ouvert une « supérette ».

Pourtant, la pression s’accentue sur eux. La police multiplie les interpellations, dans la « jungle » mais aussi dans toute la ville, jusqu’aux abords des lieux où les associations distribuent des repas. Ces interpellations demeurent souvent vaines : nombreux sont ceux qui, de droit ou de fait, ne sont pas reconductibles dans leur pays, et sont donc relâchés.

« HARCÈLEMENT QUOTIDIEN »

« Ce harcèlement quotidien est manifestement destiné à les décourager. Confortées par les propos du ministre, les compagnies de CRS sont, ces derniers temps, plus brutales, n’hésitant pas à recourir au gazage, au matraquage, observe Jean-Claude Lenoir, de l’association Salam. Mais c’est peine perdue. Les migrants en ont tellement vu d’autres… Et leur obsession reste, pour beaucoup, de passer la Manche. »

Ils sont néanmoins de plus en plus nombreux à déposer une demande d’asile. Comme l’avait annoncé M. Besson lors de sa visite, une permanence de recueil des demandes a été rouverte depuis le 5 mai, le mardi et vendredi, à la préfecture. Mais leur prise en charge par une structure d’accueil est encore aléatoire. Beaucoup demeurent à la rue, faute de places.

Quand sera éradiquée la « jungle » ? Les pouvoirs publics ont commencé à démanteler les autres camps de fortune, plus petits, qui se sont multipliés dans la région autour de Calais, ces dernières années. Les associations sont sceptiques : « Cela ne fera que déplacer le problème car les migrants iront ailleurs. »

L. V. E

Source

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