Calais : démantèlement progressif de la « jungle »

Nord Littoral – mercredi 20.05.2009

Le préfet organise le démantèlement progressif de la « jungle »

Comme l’a demandé le ministre Besson, le préfet du Pas-de-Calais a réuni lundi toutes les associations pour évoquer avec elles le démantèlement progressif de la « jungle »

Éric Besson l’avait ordonné : « Le préfet me présentera un plan de démantèlement progressif de la « jungle » en associant à la réflexion l’ensemble des services concernés, la mairie de Calais, les propriétaires des terrains, ainsi que les associations.

Lundi soir, Pierre de Bousquet de Florian a satisfait à la demande du ministre de l’Immigration en réunissant aux côtés du sous-préfet et du maire de Calais les associations qui viennent en aide aux migrants pour une première réunion qui aura duré trois heures.
En préambule, le préfet du Pas-de-Calais a rappelé que l’État ne demande aux associations ni d’être d’accord, ni de cautionner le démantèlement progressif des squats de la zone des Dunes. Il ne propose pas non plus ni date, ni alternative.

Vider la « jungle » avant de la démanteler
« La velléité du préfet est celle du ministre et de faire en sorte, avant le démantèlement de la « jungle », qu’il y ait le moins de migrants possible, souligne Jean-Claude Lenoir, vice-président de Salam. Il souhaite donc augmenter le nombre de demandes d’asile et augmenter le nombre de retours volontaires. » Quelques détails administratifs restent cependant à régler. « Il n’y a toujours pas de solution à l’hébergement des demandeurs qui disposent d’une autorisation provisoire de séjour », estime Mickaël Boude, coordonnateur départemental du Secours catholique. ce que confirme Monique Delannoy, présidente de la Belle Étoile : « On nous dit qu’il y a des places. Il parait… » Conformément à l’annonce ministérielle du 24 avril, le schéma humanitaire d’aide aux migrants se renforce progressivement, parallèlement au durcissement de la répression. « Dans certains cas, la demande d’asile reste l’une des solutions à envisager », lançait Éric Besson qui a donc décidé l’ouverture, le 5 mai dernier « à la sous-préfecture de Calais, une permanence de recueil des demandes d’asile ».

« C’est de la gaminerie »
La question sanitaire est de plus en plus préoccupante. La mise en place des douches est toujours en suspend à cause d’une exigence majorale.
Natacha Bouchart n’acceptera d’installer les modulaires à l’aire d’accueil des gens du voyage que lorsque le Secours catholique aura retiré sa demande de permis de construire au Virval et qu’il cessera son accueil de jour, route de Saint-Omer. L’association n’y concédera que lorsque qu’une autre antenne de jour sera mise place, que le maire souhaite « à au moins dix kilomètres de Calais ». Une situation qui horripile l’abbé Jean-Pierre Boutoile, porte-parole de C’Sur : « C’est de la gaminerie ! » Comme Monique Delannoy, présidente de la Belle Étoile : « C’est stupide et incohérent de subordonner les douches à l’antenne de jour. » La situation sanitaire des migrants pâtie de ce chantage et devrait aboutir à l’élargissement des horaires de la Pass (permanences d’accès aux soins de santé). Le syllogisme de l’infirmière bénévole est simple : « Il y a une douche à la Pass, mais c’est une douche thérapeutique. Comme il n’y a plus de douches d’hygiène, le nombre des douches d’hygiène augmente. »

Situation sanitaire dégradée
Les maladies se propagent. Inévitablement. Médecins du monde a rappelé à Pierre Bousquet de Florian que le centre hospitalier de Calais avait fait une demande auprès de la Ddass pour un élargissement des horaires d’ouverture de la Pass : « J’ai l’impression que le préfet en a pris bonne note. » D’aucuns avancent les sites de Dunkerque ou de Boulogne comme localisation de la nouvelle antenne de jour et font ainsi – peut-être sciemment – la confusion avec un projet mené par Jean-Pierre Leclercq et ses adhérents. Salam travaille en effet à la mise en place de « lits de suite pour les personnes particulièrement fragiles (blessés, sorties d’hôpital, femmes enceintes, jeunes) ».

Des lits à Grande-Synthe et Boulogne
Des lits halte santé comme le centre hospitalier de Calais et le Toit en créent actuellement. Six lits sont ainsi en projet sur Calais, destinés aux migrants comme aux SDF. « Les compagnons d’Emmaüs ont proposé de mettre en place des lits halte soins santé à Grande-Synthe et peut-être à Boulogne, confirme le médecin bénévole de Médecins du monde. C’est très gentil et très bien pour les migrants et SDF du Dunkerquois et du Boulonnais, mais c’est hors de propos. » Les lits halte santé et l’antenne de jour sont des projets totalement distincts. « L’antenne de jour n’est pas un lieu de convalescence mais un lieu d’approche, décrit Monique Delannoy, présidente de la Belle Étoile. Ce que se proposent de faire les Emmaüs est très bien. Mais ils n’accueilleront pas le même public que le Secours catholique, route de Saint-Omer. Il y aborde les femmes, les enfants… Ensemble, on discute, notamment de l’asile et du retour volontaire. » Des dispositions que le ministre souhaite d’ailleurs faire connaître le plus possible avant le démantèlement de la « jungle ».

A.TH.

Pierre Bousquet de Florian, préfet du Pas-de-Calais, Gérard Gavory, sous-préfet de l’arrondissement de Calais et Natacha Bouchart, maire de Calais, n’ont pas répondu à nos sollicitations.

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