Terre d’errance maintiendra le cap

La Voix du Nord – 17.05.2009

 Terre d’errance maintiendra le cap en dépit des craintes qui pèsent sur l’avenir du camp

Un an après sa création, l’association d’aide aux migrants Terre d’errance a tenu hier sa première assemblée générale statutaire à la salle paroissiale. L’occasion pour les bénévoles de revenir sur une année éprouvante durant laquelle la garde à vue de Monique Pouille l’aura placée, comme cette dernière, sous les feux de l’actualité.

En février 2007, l’abbé Michel Delannoy entouré de quelques bonnes volontés, meurtries par la situation des migrants qui sillonnent le secteur en attendant de rallier l’Angleterre, fonde un collectif d’aide pour leur offrir des vêtements, de la nourriture et leur proposer des douches. En décembre, les autorités ordonnent la destruction du camp, le sous-préfet Bidal rappelant le caractère illégal de l’aide apportée aux réfugiés. Terre d’errance se créera en réaction à ces événements.

Aujourd’hui, l’association compte plus de 300 adhérents, principalement basés dans la région et mus par la même conviction, dixit Lily Boillet, « qu’il est impossible de vivre comme si de rien n’était en sachant que des gens contraints de fuir leur pays vivent dans nos fossés… » Pour pallier cet état de fait, Terre d’errance a donc pris le relais du collectif pour venir en aide aux réfugiés dont « un millier environ » aurait transité depuis janvier 2008 par le camp du chemin agricole des Noires Femmes (ça ne s’invente pas)… Chaque semaine, les dons de la population (vêtements, literie, produits d’hygiène ou alimentaires) sont triés, distribués ou stockés dans un garage mis à disposition par la municipalité.

Les bonnes volontés n’ont pas manqué pas malgré les injonctions des autorités qui rappellent le caractère illégal et dangereux du « procédé ». Le souvenir du meurtre en juillet d’un jeune réfugié sur l’aire d’autoroute de Saint-Hilaire par la mafia des passeurs aura rappelé à l’assistance la réalité tragique des destins auxquels ils ont choisi de se confronter. Qu’à cela ne tienne, la sensibilisation du public (dans les écoles, lors de manifestations communales) et la compréhension du vécu des migrants doivent selon eux rester un moyen d’aide efficace, en plus de l’aide matérielle directe. Pour preuve le projet de création « d’une fédération de jungles » avec les « associations soeurs » de Calais, Téteghem, Longuenesse, Steenvorde etc.

La présidente salua aussi la qualité des relations entretenues avec les gendarmes de Norrent-Fontes, « qui cherchent à comprendre la situation et recensent les migrants sans heurt ». Elle n’en dira pas autant de la police aux frontières de Coquelles, qui, selon elle, s’est rendue coupable de dégradations répétées du camp, « de passages à tabac de réfugiés », et de l’interpellation de bénévoles. Dont Monique Pouille, fin février. Plus que jamais, « le démantèlement progressif du camp », conformément à l’annonce du ministre Besson à Calais, inquiète. L’épineux sujet fera l’objet d’une rencontre entre l’association et le sous-préfet avant la fin du mois. • ARNAUDDÉTHÉE

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