Longuenesse : après l’opération policière, les migrants rebricolent un camp

La Voix du Nord – jeudi 07.05.2009

Après l’opération policière, les migrants rebricolent un camp

Malgré l’opération policière de lundi au camp des migrants des environs de Longuenesse, les clandestins rebâtissent des abris de fortune au même endroit.

PAR DAVID MONNERY
saintomer@lavoixdunord.fr Hamad frappe avec une grosse pierre pour enfoncer un clou rouillé dans une planche. Avec des morceaux de palette en bois il tente de constituer un simili plancher. À côté de lui, un de ses compatriotes afghans jette des pelletées de terre pour aplanir le sol à l’endroit où il projette d’installer la tente que vient de lui apporter la communauté Emmaüs. Lundi, sur des cendres encore fumantes (*), une trentaine de migrants bricolent de nouveau un campement.
Cela fait deux ans que des bâches plastiques sont tendues entre les arbres de ce petit bosquet situé entre Longuenesse et l’autoroute A 26. Là que des clandestins, principalement des Afghans, ont trouvé refuge pour fuir la « jungle » calaisienne.
« Mais depuis que cette jungle a été démantelée là-bas, le nombre de migrants avait presque doublé ici pour atteindre une cinquantaine de personnes », constate le directeur d’Emmaüs, Jean-François Chaumette (lire également ci-dessous). Comme une suite logique, le camp de Saint-Omer a été détruit à son tour.
Une « opération de lutte contre les filières et l’immigration irrégulières sur la commune de Longuenesse » fait savoir la préfecture. Plus loin dans le communiqué officiel, on apprend que « cette opération a permis (…) la remise en état du site ».
Force est de constater qu’elle a surtout obligé les migrants à rebâtir ce qu’ils avaient mis deux ans à construire.
« Prier »
« Ici, c’était notre mosquée, là où on se réunissait pour prier », explique Hamad en désignant un lopin de terre brûlée.
Là où il s’en remettait au ciel pour avoir une vie meilleure que celle laissée derrière lui à des milliers de kilomètres de là. « Pourquoi la France nous fait ça ? », se désespère-t-il.
Un peu plus loin, un autre sans-papier explique qu’il a déjà réussi à aller en Angleterre « mais la police m’a arrêté et m’a reconduit en Grèce où mes empreintes avaient été prises. Je suis revenu. Je veux bien rester ici, allé en Belgique, en Espagne… Tout ce que je veux, c’est être en Europe. Et juste vivre ». •
> Le capitaine de la police aux frontières (PAF), Philippe Duhamel, nous demande de préciser que, contrairement à ce que nous écrivions hier dans nos colonnes, ce n’est pas la PAF qui a mis le feu au camp. « Nous sommes intervenus dans un cadre légal pour nettoyer les lieux car il y avait un problème de sécurité publique et de salubrité publique. En aucun cas nous ne mettons le feu », indique-t-il. Sur les neuf migrants placés en garde à vue, sept mineurs ont été placés en foyer et deux adultes vont être reconduits à la frontière.

Source

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