Police aux frontières – migrants, la tension monte

La Voix du Nord – Samedi 21.03.2009

Police aux frontières – migrants, la tension monte

Difficile de dénouer le vrai du faux concernant les faits qui se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi sur l’aire de repos de l’A26, à Saint-Hilaire-Cottes. La Police aux frontières déclare avoir été agressée par des migrants. Ceux-ci, certificats médicaux à l’appui, affirment avoir été la cible de coups et de jets de gaz lacrymogène. Le maire, Marc Boulnois, compte demander une enquête administrative pour comprendre.

PAR AGNÈS MERCIER

bruay@info-artois.fr Hier, au campement des migrants, les bénévoles réconfortaient les quelques femmes présentes. Yodit, Erythréenne de 25 ans, avait été interpellée le matin même. Dans un anglais approximatif, elle raconte : « Les forces de l’ordre sont venues nous arrêter ce matin. Mais ils m’ont relâchée au bout d’une demi-heure. » Se contentant d’un communiqué sans plus de commentaire, le préfet justifie cette opération matinale : « Pour faire cesser ces comportements de plus en plus agressifs vis-à-vis des forces de l’ordre, et identifier les auteurs de ces actes inadmissibles, une opération d’interpellation d’envergure a été conduite sur le campement illégal de Norrent-Fontes, sur l’aire de l’autoroute A26, et la gare de Lillers (…) Onze étrangers en situation irrégulière ont été placés en garde à vue. »

Du côté de l’association Terre d’errance, qui accompagne les migrants, on s’étonne : « Pourquoi attendre 24 heures après une soi-disant attaque pour intervenir ? La préfecture dit que ce sont les migrants qui ont agressé les policiers, comment explique-t-elle dans ce cas que les blessés ne soient que du côté des migrants ? » Pas de réponse officielle.

La préfecture s’en tenant à son communiqué : « Dans la nuit du 18 au 19 mars, un groupe d’une quinzaine d’étrangers en situation irrégulière, poussés par les passeurs qui opèrent depuis le terrain de Norrent-Fontes, ont agressé des fonctionnaires de la Police aux Frontières qui se trouvaient sur l’aire de service de l’autoroute A26 à Saint-Hilaire-Cottes dans le cadre d’une opération de flagrant délit visant précisément ce réseau de passeurs. Les policiers ont été contraints de faire usage de leurs bâtons de police, de gaz lacrymogène et d’un chien pour mettre en fuite les agresseurs. »

Le maire de Norrent-Fontes, comme les bénévoles qui connaissent bien les occupants du camps, s’étonnent qu’il y ait eu violence de la part de ceux-ci. Marc Boulnois va plus loin : « Ce n’est pas la première fois que nous soupçonnons des exactions policières. Je vais demander une enquête administrative. » •

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