Norrent-Fontes : Terre d’errance entre en résistance

Terre d’errance entre en résistance après l’arrestation de sa bénévole

L’interpellation de Monique Pouille, mercredi, a modifié la donne au sein de Terre d’errance, association d’aide aux migrants. La réunion publique de samedi soir s’est transformée en une véritable offensive contre la politique gouvernementale.

PAR SYLVAIN DELAGE
bruay@info-artois.fr

Assise au premier rang de la salle paroissiale de Norrent-Fontes, Monique Pouille ne s’attendait pas à un tel soutien. « Nous sommes tous des Monique et nous le resterons ! », a notamment lancé un militant parisien. Ce soir-là, la bénévole a été érigée par ses sympathisants en martyre d’une politique anti-immigration qu’ils considèrent comme outrancière. Après la garde à vue de son adhérente mercredi, dans le cadre d’une enquête sur un réseau de passeurs agissant sur l’aire de repos de Saint-Hilaire-Cottes, Terre d’errance a officiellement déclaré la guerre aux instances gouvernementales, policières et judiciaires. « J’avais toujours coopéré avec la gendarmerie et les RG, quand ils voulaient des renseignements sur le camp, mais avec les problèmes que j’ai eus, je ne leur dirai plus rien ! », a prévenu l’intéressée, récoltant au passage une salve d’applaudissements.

Dans la salle, il y avait du beau monde pour soutenir « Monique », son association et, par extension, les immigrés. À commencer par les élus locaux, principalement à gauche : Marc Boulnois, Lucien Andriès et Jacques Napieraj, maires de Norrent-Fontes, Lillers et Isbergues, mais aussi Hélène Flautre, député européenne des Verts. Et d’évoquer les uns après les autres « une politique qui ne porte pas ses fruits », une « chasse aux êtres humains » ou encore « une criminalisation des militants, la marque d’un régime répressif et régressif ». Tous ont signé un manifeste où ils se disent « scandalisés par les mises sur écoute, les intimidations et les arrestations » visant les bénévoles.

« Il faut choisirson camp »
Aux côtés de Lily Boilet, présidente de Terre d’errance, de nombreux représentants de structures humanitaires ont défilé au micro : le collectif C’SUR, l’association La Belle étoile (Calais), la Ligue des droits de l’homme… La question de l’illégalité de l’aide aux migrants est revenue sur le tapis. « Je n’ai aucun souci à ce sujet, s’est insurgé Thomas, bénévole local. Il existe une différence entre la loi et la justice.
Quand la première dévie, il ne faut pas avoir peur de s’asseoir dessus pour sauver la justice ! ». Nouvelle salve d’applaudissements.
Reste que l’épisode a laissé des traces. Y compris dans les autres structures. « Des adhérents ont peur de ne pas avoir les épaules assez solides pour continuer. Alors depuis quelques jours, on prend conscience qu’il faut choisir son camp », témoigne une responsable associative de Saint-Omer. Après « l’affaire Monique », les associations ont plus que jamais le sentiment d’être entrées en résistance contre une certaine vision de la France. •

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3 commentaires sur “Norrent-Fontes : Terre d’errance entre en résistance

  1. Bonjour
    Je découvre votre action en recherchant des infos sur l’arrestation de Monique, arrestation qui m’a beaucoup énervée.
    Bravo pour votre action
    J’ai mis un mot chez moi.

  2. Moi aussi je suis de tout coeur avec cette association et je crois quel’on devrait plutôt remercier MONIQUe et son Association au lieu de les ennuyer;

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