Retenue à Coquelles, elle a été remise en liberté hier en fin d’après-midi

Nord Littoral –  jeudi 26.02.2009

Retenue à Coquelles, elle a été remise en liberté hier en fin d’après-midi

Hier matin, 7 h 45. La sonnette de la famille Pouille, un couple norrent-fontois, à proximité de Béthune, retentit. À la porte : trois agents de la police aux frontières de Coquelles, deux hommes et une femme.

Derrière eux deux fourgonnettes avec à leur bord des migrants, selon des témoins.

Monique Pouille
59 ans, suspectée
« Les policiers avaient une commission rogatoire du juge en main. On y apprenait que ma femme, Monique, devait partir en garde à vue », explique Jean-Yves Pouille, encore sous le choc quelques heures après. « J’aurais préféré qu’ils m’emmènent moi plutôt qu’elle. Les agents n’étaient pas désagréables, ils faisaient leur travail, mais Monique n’était pas rassurée du tout. » Le temps que la dame rassemble quelques affaires, les policiers ont visité la maison et ont embarqué trois portables appartenant à des migrants, posés sur la table. « C’est ce qu’ils ont appelé un « flagrant délit d’aide aux personnes en situation irrégulière » », ajoute son mari.
Monique ne se cache pas dans ses missions bénévoles pour Terre d’errance, association de Norrent-Fontes qui vient en aide aux Érythréens de passage à Norrent-Fontes. Lors d’une émission tournée il y a quelque temps et diffusée à l’automne dernier, un samedi après-midi sur France 2, on la voyait dans sa cuisine en train de brancher les mobiles des migrants.
« Monique va souvent dans le camp. Les migrants n’ont pas d’électricité, alors elle ramène leur téléphone à la maison, tout simplement.
»
« Il aurait pul’auditionner au lieu de la mettre
en garde à vue »
Il continue : « J’essaie d’appeler Me Dubout, l’avocat de Terre d’errance, pour qu’il s’occupe d’elle. Lui, il maîtrise bien la situation. En tout cas, j’ai dit à ma femme de se taire si ça commençait à chauffer. J’ai l’impression qu’ils veulent déstabiliser l’association car ils la sentent fragile. Un autre bénévole, Jérémy Nourry est aussi convoqué cet après-midi à Coquelles. » Révolté, Jean-Yves Pouille ne comprend pas que sa femme soit partie en garde à vue pour ça : « Elle est partie pour 24 ou 48 heures à Coquelles. Les autorités auraient pu l’auditionner au lieu de la mettre en garde à vue. Ce qui m’a choqué aussi, c’est que pour partir, elle a dû enlever le cordon de son pull comme si elle pensait à se suicider. La France, c’est vraiment n’importe quoi ! J’ai 57 ans, je n’ai jamais défilé de ma vie, mais le 19 mars, je crois bien que je serai dans la rue. Je me demande bien où on va. »
Charlotte ROUX
Hier, en fin d’après-midi, Monique Pouille est ressortie libre des locaux de la Paf, en pleurs selon des témoins, car « il n’y avait pas matière à la retenir » indique un officier. Un autre bénévole v eenu de Boulogne-sur-Mer convoqué à la Paf a lui aussi pu sortir libre.
Quant à Jérémy Nourry, il était encore dans les locaux en fin de journée. Les bénévoles craignaient qu’il ne passe la nuit là-bas.

Nord Littoral

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par Association Terre d'Errance Posté dans Non classé

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