De l’Érythrée à Arras, le périple de Dounia, demandeuse d’asile

De l’Érythrée à Arras, le périple de Dounia, demandeuse d’asile

La Voix du Nord – jeudi 19.02.2009

Pour fuir son pays en guerre contre l’Éthiopie, Dounia Esmo, une jeune Érythréenne de 23 ans, a tout quitté, du jour au lendemain : sa famille, ses amis, ses études… C’était en 2005. Après un épuisant périple, elle a échoué en France en décembre dernier. Depuis, hébergée dans un foyer d’Arras, elle tente d’obtenir le droit d’asile.

PAR ÉLODIE ADJOUDJ
arras@lavoixdunord.fr PHOTO SAMI BELLOUMI

Elle est arrivée en France par hasard, avec, comme beaucoup de migrants, l’espoir de traverser la Manche pour rejoindre l’Angleterre. Finalement, c’est ici qu’elle veut construire sa vie. « C’est très rare un cas comme Dounia, explique Laurent Maameri, secrétaire de l’association Terre d’errance, qui est venue en aide à Dounia. Tous ont en tête que demain, ils seront à Londres. Après un périple de 5 000 km, ici, c’est la fin du voyage ». Le sourire aux lèvres, mais le regard grave, rempli de tristesse, Dounia raconte sa poignante histoire, qui, en trois ans, l’a menée de l’Érythrée au Soudan, du Sahara à la Libye… Sur un bateau de fortune qui l’emmène en Italie, elle échappe même au pire : « Le bateau s’est cassé. Nous étions nombreux et j’ai eu beaucoup de chance », raconte-t-elle.

Dans son pays natal, Dounia avait une vie ordinaire, elle étudiait la comptabilité et les finances. Mais la menace du service militaire, obligatoire pour les hommes comme pour les femmes et à durée indéterminée, a poussé son père à payer pour qu’elle puisse fuir. Depuis, elle n’a plus de nouvelles de sa famille, éclatée : son père en Érythrée, sa mère en Éthiopie, un frère et une soeur au Kenya… Si elle souhaite rester en France, c’est qu’elle a trouvé ici « beaucoup de gens pour m’aider », explique-t-elle. « J’ai un endroit où dormir, des vêtements, à manger », ajoute-t-elle. « Le long de son parcours, elle n’a pas souvent rencontré ce genre d’aide », confirme Laurent Maameri. Petit à petit, elle fait de nouveaux projets, sans savoir ce qui l’attend demain.

Elle envisage d’apprendre le français, dont elle connaît déjà quelques mots, et de suivre une formation pour s’occuper d’enfants. Le problème, c’est que Dounia est passée par l’Italie, où ses empreintes ont été prises. Sa demande d’asile ne sera donc pas traitée en France et elle risque de faire l’objet « d’une procédure de réadmission ». Comprenez, une expulsion vers l’Italie… Elle attend que l’Italie réponde à la demande de la France. Aidée par Terre d’errance, elle a récolté les signatures de 1 500 personnes pour sa pétition de soutien, dont celles de Philippe Lioret et de Vincent Lindon, venus pour l’avant-première de Welcome.

Sa convocation en préfecture est fixée au 2 mars. Dans son pays, Dounia risque la peine de mort pour avoir déserté. •

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par Association Terre d'Errance Posté dans Non classé

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