Calais : Un migrant passé à tabac puis tué à l’arme blanche

Un migrant passé à tabac puis tué à l’arme blanche hier soir

La Voix du Nord – jeudi 08.01.2009

PAR LAURENT RENAULT

Plusieurs rixes ont éclaté dans les rues de Calais hier soir. Vers 19 heures, rue du Pont-Trouille, urgentistes et sapeurs-pompiers tentaient en vain de ramener à la vie un migrant victime de nombreux coups.

Hier, en début de soirée, plusieurs rixes ont éclaté entre migrants dans les rues de Calais. Chemin du Pont-Trouille, dans la zone des Dunes, entre la route de Gravelines et la rue des Garennes (au coin il y a le café des Dunes), un homme est à terre.

Il vient d’être passé à tabac par plusieurs hommes armés de bâtons et de diverses armes. Là, à quelques mètres de la « jungle », les sapeurs-pompiers et les urgentistes de l’hôpital de Calais essaient de le sauver. Ils n’y parviennent pas. La victime, un Afghan qui n’avait pas trente ans, a reçu trop de coups, dont certains à l’arme blanche. De l’acharnement. Les faits se sont produits à proximité du lieu où, vendredi soir, les sapeurs-pompiers étaient obligés d’intervenir suite à l’incendie ayant ravagé les abris des migrants et où ils sont plusieurs dizaines, nuit et jour, à cohabiter.

Tandis que les secouristes abandonnent tout espoir de réanimer la victime, les sapeurs-pompiers sont appelés rue de Bernes, de l’autre côté de la ville. Là, à proximité du hangar Paul-Devot, un homme est retrouvé, blessé à la cuisse, à l’heure où l’on distribue les repas. Autre bagarre ? Les suites de la première ? Pendant ce temps, rue de Moscou, des forces de l’ordre se rassemblent tandis que des centaines de migrants vont et viennent, entre le quai Paul-Devot et le local du BCMO. La nuit de mercredi à jeudi s’annonçait difficile pour les urgentistes, les sapeurs-pompiers et les policiers qui craignaient des actes de vengeance

Pour quelle raison ?

Les rixes entre migrants sont nombreuses dans le Calaisis : entre ethnies se déchirant les meilleures places ; entre passeurs et réfugiés tentant de se rendre outre Manche.
Combien de fois avons-nous croisé cette personne tuée hier soir ? Peut-être était-elle là depuis plusieurs mois, ou seulement quelques heures.
Comme des centaines d’autres réfugiés, la victime s’était inscrite dans le circuit qui attend tout réfugié à Calais : des repas en centre-ville, des nuits dans la jungle ou à proximité entre deux ramassages par les policiers. Ou pas. Et on recommence. Tous les jours. Jusqu’à ce qu’on n’entende plus parler de lui, qu’on ne le voie plus. Qu’il réussisse à passer. Ou qu’il trépasse. Ce fut le cas hier soir, à l’abri des regards.
Dans cette zone industrielle, sans trop de lumière, à quelques mètres de la « jungle ».
Aux policiers d’essayer de trouver les auteurs de cette agression brutale, de ce lynchage d’un homme qui cherchait peut-être à trouver de la tranquillité dans un autre pays. •

Source

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s