Silencieux, ils crient contre la situation des migrants

Silencieux, ils crient contre la situation des migrants

La Voix du Nord – vendredi 02.01.2009

Cinquante à 18 h 30, ils étaient près de 80 une heure plus tard, lorsque les baillons sont tombés. Mardi soir, sur la Grand-Place, un cercle de silence. Le premier à Béthune. Et un succès.

Elle observe le cercle, incrédule. Un peu à l’écart, Nan Suel, distribue des tracts. « Pour que la France redevienne le pays des Droits de l’Homme. » Elle explique aux passants ce que tous ces gens bâillonnés et muets font en cercle à l’un des angles de la Grand-Place. « Ils prient », ricanent trois femmes à l’entrée d’un magasin. Nan Suel hausse les épaules. Ce qui importe à la bénévole de Terre d’errance (une association basée à Norrent-Fontes), c’est qu’autant de personnes se soient mobilisées. « Ils sont beaucoup ! » Depuis octobre, tous les derniers mardis du mois, cette Isberguoise allait à Hazebrouck. Et puis, elle a proposé aux bénévoles de Terre d’errance de greffer un cercle de silence à Béthune, sous-préfécture de laquelle dépend Norrent-Fontes. Sans penser qu’elle puisse rassembler plus de citoyens qu’à Hazebrouck ou dans bien d’autres villes de la région. Surtout par ces températures. « Les idées passent au-dessus du confort. Quel espoir ! » Le silence, c’est « parce que tout a été dit sur la politique migratoire de la France, sur l’étrangeté d’enfermer des gens sans papiers. D’accord, ils sont dans l’illégalité mais ce ne sont pas des criminels. » Les 70 personnes grelottent pour défendre les Droits de l’Homme. En particulier ceux des sans-papiers. Leurs conditions de vie, leur dignité… « Ils sont presque humiliés. C’est pas ça la France », déplore Marc, militant d’Amnesty International à Souchez. Evelyne, une Lensoise du groupement des retraités éducateurs sans frontières, ne reconnaît plus « l’idéal de pays d’accueil ». Son pays d’adoption n’est pas celui qu’elle a trouvé en arrivant d’Irlande il y a plus de 50 ans.
La plupart des maillons du 30 décembre étaient des bénévoles du Béthunois. Mais, un des objectifs des cercles du silence, lancés par les Franciscains de Toulouse fin 2007 : « Que les gens viennent en tant qu’individus et réfléchissent à leur rôle de citoyen ». Pour Évelyne, c’est une « démarche politique, philosophique et spirituelle. Par l’esprit, on est avec les réfugiés ». Et avec tous ces « inconnus » qui protestent en silence.
Pascale, Aurore et Elyse, 21 ans, ne ressentent pas autant le vent de solidarité. « C’est la cause qui nous intéresse, on participe à toutes les actions. Mais là, il n’y a pas assez de communication, de banderoles. Autour, les gens ne doivent pas savoir ce qu’on fait.
» Nan Suel avoue : « On ne sait pas bien comment s’organiser… ». Ils auront un mois avant de concrétiser ou non le succès de cette action.

t Cé. R.

Tous les derniers mardis du mois à 18 h 30 sur la Grand-Place.

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