La paroisse offre une nuit de gîte et de couvert aux migrants

La paroisse offre une nuit de gîte et de couvert aux migrants

 Partage et résistance

L’Echo de la Lys – vendredi 02.01.2009

Une vingtaine de migrants du camp de Norrent-Fontes ont passé la nuit de Noël à l’abri grâce un grand effort de mobilisation.

« IIlégal, peut-être. Clandestin, non » argumente l’abbé Michel Delannoy à propos de l’accueil offert aux migrants, la nuit de Noël, par la paroisse Notre Dame PanetièreL’appel lancé par l’abbé Bruno Dubreucq n’a pas été vain. À l’approche de Noël, il invitait chacun à se pencher sur le sort des migrants du camp de Norrent-Fontes.

Cette idée a provoqué la réunion d’une cinquantaine de personnes. La possibilité d’offrir l’hospitalité aux migrants la nuit du 24 décembre s’est rapidement imposée, la cité paroissiale pouvant y répondre en termes de places. L’idée de les convier à un véritable repas de réveillon est venue ensuite.

Des équipes se sont constituées, les uns se chargeant du transport en voiture depuis le camp jusqu’à la cité paroissiale, les autres du repas. Dès le mercredi après-midi, les bénévoles ont afflué, bras et coffres chargés de victuailles et plats fait maison, y compris les incontournables bûches.
Tout juste revenu de Lyon, l’abbé Delannoy, que tout le monde appelle simplement Michel, était naturellement au rendez-vous. Michel est un curé militant, proche de l’association – apolitique et laïque – Terre d’Errance, qui s’efforce d’améliorer le sort des migrants au quotidien.
Dans la France des charters et de la traque des sans-papiers, donner un toit provisoire et à manger à des réfugiés passe presque pour un acte de résistance.

L’État fait défaut
« Ce que nous faisons ce soir est peut-être illégal, mais pas clandestin pour autant, réagit l’abbé Delannoy. La gendarmerie est au courant.
C’est un temps de rassemblement. Nous allons vivre Noël avec eux. Si on ne peut pas célébrer Noël en France, où va-t-on le célébrer ? Nous trouvons anormal que l’État ne prenne rien en charge. N’est-ce pas du rôle de l’État que d’accueillir celui qui a fui son pays ? » Jusqu’à la dernière minute, rien ne permettait d’affirmer que les migrants répondraient à l’invitation de la paroisse. Mais à l’heure dite, en milieu d’après-midi, ils étaient tous là, descendant par petits groupes des voitures des bénévoles. Francs sourires, poignées de mains s’échangent entre bénévoles et migrants. Mots de français et d’anglais se mélangent.
Dans la salle de réception, décorée avec soin, les hôtes s’installent. Il y fait bon, mais la plupart hésitent à enlever leur épais blouson. On se dit que leur présence à la cité paroissiale les prive d’une opportunité de franchir la Manche en camion le soir même : « Mais ce soir, il n’y aura de toute façon pas de camion » répond l’abbé Delannoy.

Muslim ?

No problem !

On les voit redécouvrir le confort de manger à table, alors qu’ils en sont privés depuis des semaines, peut-être des mois. Après les crêpes et le café d’accueil, et avant les agapes du soir, l’abbé Delannoy a célébré une messe dans une salle du rez-de-chaussée où un autel était disposé avec soin. Chacun y était libre de s’y associer ou non, quelle que soit sa foi : « Muslim (musulman) ? No problem ! » affirmait l’abbé à un jeune homme de cette confession.
Le répit a évidemment été de bien courte durée. Dès le lendemain, les migrants retrouvaient le camp de Norrent-Fontes et l’errance. C’était aux services publics de prendre le relais, déclenchement du plan grand froid oblige.

Grégory FAUCQUEZ

Source

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2 commentaires sur “La paroisse offre une nuit de gîte et de couvert aux migrants

  1. C’est très bien, c’est très beau ces gestes de solidarité . loin de toute hypocrisie:voilà des actes d’hommes qui allient leurs paroles à leurs actes. La solidarité , surtout l’hébergement , en période de grand froid, tel que l’applique la Norvège, devrait être une obligation « morale » de l’état Français , qui se targue d’être le pays des droits de l’homme.. On est face à une détresse humanitaire devant laquelle on ne peut rester insensible. J’ai toujours dans m

  2. très beau, bravo pour cette belle initiative.
    On ne peut rester insensible devant tant de misère. J’ai toujours dans ma voiture des briquettes de jus de fruit, des chocolats ou autre biscuit, quand je rencontre des « errants » , c’est ce qu’ils ont , un petit plus dans leur quotidien, ça et d’autres gestes que seul le « Bon Dieu « connait.

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