Norrent-Fontes : interview maire de Norrent-Fontes (écho du 62)

Marc Boulnois, maire de Norrent-Fontes
Quelles réponse donner ?

Quand Marc Boulnois et son équipe ont fait campagne pour les Municipales en début d’année, ils ont misé sur le thème du « village solidaire », expliquant qu’ils posaient un regard attentif sur le campement des migrants. Même s’il y a eu quelques craintes, quelques peurs prêtes à poindre, Marc Boulnois a été élu maire de Norrent-Fontes ! Aujourd’hui, pas de souci dans la commune. « Il n’y a pas de débordement. Les habitants savent qu’il y a une maîtrise de la situation. »
Le quotidien à Norrent-Fontes est très calme. La population et les migrants ne se croisent pas ; quand il y a eu un souci dans un champ, l’agriculteur et la mairie l’ont réglé rapidement et avec bon sens, et le nombre de migrants ne dépasse jamais trente personnes. « Il y a une autorégulation, déclare le maire, c’est un accord que nous avons avec eux. S’il y a un afflux massif de réfugiés, il y a un départ massif ! »

Réflexion sur le phénomène
Quand Marc Boulnois a pris la tête de la municipalité, le sous-préfet d’alors avait une position claire : « c’était la destruction systématique du campement de migrants » explique le maire. Il fallait trouver des locaux pour protéger les hommes, les femmes, les enfants, des grands froids. Quant aux réfugiés, ils reconstruisaient régulièrement leur hébergement précaire.
« Quand le nouveau sous-préfet est arrivé, se souvient Marc Boulnois, nous avons réussi à ne plus être ni dans la confrontation, ni dans une gestion répressive. Mais nous n’avons pas réussi à apporter de réponse plus positive… » Les Érythréens ne sont pas expulsables, ils ne peuvent pas passer en Angleterre, ils ne peuvent pas non plus repartir… « Alors quelle réponse leur donner ? »
Très peu d’exilés issus d’Érythrée veulent rester en France, d’une part parce qu’ils ne sont pas francophones, d’autre part parce que l’avenir leur paraît ici impossible. « Ça demande des moyens ! dit Marc Boulnois. Peut-être qu’à la place de les mettre dans la répression, on pourrait les mettre dans l’intégration… Ce serait mieux que de gérer des noyades et des meurtres ! On criminalise ceux qui veulent aider et ceux qui sont aux mains des trafiquants plutôt que d’avoir une réflexion sur l’acceptation d’un phénomène… Le Gouvernement n’est pas en recherche de dialogue sur cet aspect-là. »

Le problème des exilés dans le Pas-de-Calais n’est pas récent. Il y a vingt ans, on les rencontrait déjà à Calais. Depuis ces deux décennies, les différentes politiques ont toutes eu en commun la volonté d’éviter ce qu’il est convenu d’appeler l’« appel d’air ». En clair, un accueil décent des exilés qui serait jugé propice à d’autres arrivées. Comme si la venue de ces populations – qui fuient faut-il le rappeler, les conflits armés, la violence, la torture – reposait sur le niveau de confort des camps de transit !

Textes : Marie-Pierre Griffon, photos : Jérôme Pouille
L’Echo du Pas-de-Calais n°97 – Décembre 2008

Source

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par Association Terre d'Errance Posté dans Non classé

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