Norrent-Fontes : Interview du sous-préfet de Béthune (écho du 62)

Jean-Michel Bedecarrax, sous-préfet de Béthune
« Ne pas favoriser un trafic d’êtres humains »

L’automne dernier, le campement de Norrent-Fontes et l’aire de repos voisine sur l’A 26 étaient totalement sous la domination des passeurs. Ils faisaient la loi, exigeaient 700 euros par personne et ne voyaient évidemment pas l’association Terre d’errance d’un bon œil. Pour les bénévoles, pas question de faire la police, mais quand les Érythréens se sont révoltés, la présidente de l’association humanitaire les a aidés à remettre aux mains de la gendarmerie des passeurs faits prisonniers. En juillet dernier, les malfrats sont revenus. Cachés sur l’aire d’autoroute de Saint-Hilaire, ils ont attaqué à l’arme blanche deux Érythréens.

L’un d’eux, Mansour Hamid, 24 ans, est mort de ses blessures. Pour le sous-préfet de Béthune, Jean-Michel Bedecarrax, le problème est clair : «quand il y a un regroupement de migrants, le travail des passeurs est facilité». «Nous avons à faire à une population qui cherche à se rendre en Angleterre, résume-t-il. Notre service de l’État n’est pas de favoriser cela, nous essayons donc de nous y opposer. Tous les moyens de limiter le trafic sont et seront donc employés : interpellation, action judiciaire, poursuite… L’action publique est déjà en œuvre. Certes, il ne s’agit pas d’être insensible à une détresse humaine mais pas question de favoriser un trafic d’êtres humains !»

Roland Huguet : Solidaire !
L’ancien président du conseil général et ancien conseiller général de Norrent-Fontes a connu la question des migrants de très près durant ses mandats respectifs. «Je suis solidaire de tous ces braves gens, pose-t-il d’emblée. S’il y a une chasse à faire, c’est aux passeurs et non aux migrants qui veulent passer en Angleterre !» «Ensuite, dit-il, «il faut raisonner les Anglais. Je les aime beaucoup, mais j’estime que si on veut faire partie de l’Europe, il faut accepter les accords de Schengen. Si c’était le cas, il n’y aurait pas de problèmes de migrants dans notre région !»
Enfin, le président Huguet affirme que «le problème nous dépasse. C’est aux frontières des états que la question doit se poser !»

Angres : participer au mouvement humanitaire
Parfois ils sont quelques-uns, parfois ils sont cinquante. À Angres, dans le bois qui longe l’autoroute, un campement sauvage voit passer régulièrement des migrants qui tentent leur chance sur l’aire de repos. Amnesty International emmené par Marc Heyman, la Ligue des Droits de l’homme, le Mrap, le Secours catholique, le Secours populaire, Loos N’Gourma… tout le monde est prêt à s’organiser pour leur offrir un peu d’aide. La maire d’Angres a été contactée. Un point douche a été imaginé… le mouvement humanitaire est en marche.
Ceux qui souhaitent lui emboîter le pas, peuvent contacter le 03 21 45 26 23

Textes : Marie-Pierre Griffon, photos : Jérôme Pouille
L’Echo du Pas-de-Calais n°97 – Décembre 2008

Source

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par Association Terre d'Errance Posté dans Non classé

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