Un second charter franco-britannique

Nord littoral – jeudi 06.11.2008

Un second charter franco-britannique pour renvoyer les Afghans au pays

 « Nous travaillons à la mise en place de vols communs avec la Grande-Bretagne », ne cachait pas le sous-préfet de l’arrondissement de Calais dans nos colonnes du 21 octobre dernier.

Gérard Gavory s’était cependant réjoui trop vite. Quelques jours plus tard on apprenait que le charter n’avait pu être affrété. Le sous-préfet concédait sobrement que « le vol programmé n’a pu avoir lieu ». Avant d’ajouter : « Le dispositif reste d’actualité. » Gérard Gavory ne croyait pas si bien dire. Les autorités françaises et britanniques envisagent d’affréter très prochainement un charter à destination de Kaboul. « Le gouvernement français, en coopération avec les autorités britanniques, se prépare à renvoyer collectivement et par charter des exilés afghans placés au centre de rétention administrative », dénonce l’équipe de la Cimade de Coquelles. Ce groupement est la seule association habilitée à intervenir auprès des clandestins placés dans les centres de rétention. « Un vol Londres-Paris-Bakou-Kaboul est prévu dans les jours à venir, affirme la Cimade de Coquelles. Cinquante-sept Afghans interpellés sur Calais et Dunkerque vont être renvoyés. » La préfecture du Pas-de-Calais indique qu’elle ne dispose pas de « date de vol dans les prochains jours » précisant qu’elle n’est pas en mesure d’indiquer combien d’Afghans seront concernés, d’autant que leur nombre fluctue.

Le retour d’anciennes pratiques
L’association appelle « instamment les autorités françaises et britanniques à renoncer à tout projet d’expulsion vers l’Afghanistan ». Pays où les conditions humanitaires et la sécurité ne cessent de se dégrader – un humanitaire français vient d’ailleurs d’être enlevé à Kaboul même. « Ce qui nous inquiète c’est qu’il y a une vraie volonté des autorités à renvoyer les Afghans chez eux, regrette l’équipe coquelloise de la Cimade. La tentative qui avait avortée il y a une quinzaine de jours n’était pas là simplement pour faire peur (lire encadré ci-contre). » La crainte de la Cimade est la volonté sous-jacente des autorités françaises et britanniques à réactiver les accords tripartites qui avaient été mis en place en 2002, à la fin de Sangatte. « Ils permettaient des retours volontaires et des retours forcés d’Afghans au pays », rappelle la Cimade de Coquelles. Ces accords avaient été signés entre les gouvernements français et afghans et le Haut commissariat aux réfugiés (HCR). Les Britanniques avaient signé le même type d’accords. La préfecture du Pas-de-Calais précise que les autorités britanniques « ont proposé à la France de participer à des vols groupés vers l’Afghanistan et d’autres pays », ajoutant que « la mise en oeuvre de ces retours se faisait dans le cadre d’arrangements internationaux impliquant la Grande-Bretagne, les autorités afghanes, l’Onu et le HCR ».
Des vols binationaux qui agacent la Cimade : « Ces opérations de charters sont contraires au principe d’interdiction des expulsions collectives qui conduisent à des pratiques arbitraires, discriminatoires, inhumaines et font prévaloir une logique d’efficacité et de rentabilité sur le respect des droits fondamentaux des personnes. »
A.TH.

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