Des charters franco-britanniques pour renvoyer les Afghans

Nord Littoral – mercredi 22.10.2008

La nouvelle présence française en Afghanistan permet d’éventuelles reconduites
Des charters franco-britanniques pour renvoyer les Afghans

Il y a une possibilité de renvoi en Afghanistan. Nous la saisissons. » Le sous-préfet de l’arrondissement de Calais joue carte sur table.

Aucune entente diplomatique n’avait réellement été possible avec l’Afghanistan jusqu’à présent. Depuis peu la donne a changé. « C’est le fruit de négociations internationales », se félicite Gérard Gavory. Hier, vingt-cinq Afghans comparaissaient au tribunal de Coquelles. Tous – sauf un pour des raisons administratives – ont été maintenus en rétention pour une durée de quinze jours. Durant ce laps de temps, l’autorité diplomatique afghane devra les reconnaître comme étant ressortissants afghans. Si c’est le cas ils pourront être reconduits. Sinon, ils seront libérés avec une injonction à quitter le territoire français. C’est ce qui se passait jusqu’à maintenant. À quelques exceptions près, aucun clandestin n’était reconnu par l’Afghanistan.
La nouvelle attitude de ce pays laisse bon espoir au sous-préfet de résoudre en partie l’impossible situation calaisienne. Si l’ouverture de l’Afghanistan était avérée, de nombreux clandestins calaisiens pourraient être renvoyés, après avoir été transférés en Grande-Bretagne. « Nous travaillons effectivement à la mise en place de vols communs avec la Grande-Bretagne », ne cache pas le sous-préfet.

Un appel d’air
Une seconde audience marathon avec vingt autres clandestins afghans est prévue aujourd’hui à Coquelles. Ces audiences chargées sont « clairement liées à la nouvelle attitude de l’Afghanistan », reconnaît Gérard Gavory. Si le pays joue le jeu, l’appel d’air pourrait ne pas être là où on l’attend et reformer un voyage triangulaire inattendu : tous les Afghans, plus de la moitié des migrants présents à Calais, pourraient être renvoyés chez eux avec l’aide des Anglais. N’en déplaise aux familles des dix soldats français tués récemment, n’en déplaise à l’Agence France Presse qui annonce quotidiennement la mort de plusieurs civils, militaires ou combattants afghans dans des attentats ou des embuscades, l’Afghanistan n’est pas un pays en guerre et rien n’empêche le renvoi de ressortissants chez eux. « Ceux qui craignent pour leur intégrité physique peuvent toujours demander l’asile », rappelle le sous-préfet.
Le collectif C’Sur s’inquiète de la présence de mineurs parmi les clandestins qui ont comparu hier et comparaîtront aujourd’hui. À plusieurs reprises, le juge des libertés et de la détention a demandé une expertise osseuse afin de déterminer l’âge du clandestin. Une expertise non suspensive.
Actuellement ni l’Irak, ni l’Érythrée, ni la Somalie – pays d’où sont originaires un grand nombre de migrants présents à Calais – ne reconnaissent leurs ressortissants.

A.TH.

Source

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s